Moisson-battage 2026 : D’importants moyens mobilisés afin d’augmenter les récoltes
Le compte à rebours est lancé. Yacine El-Mahdi Oualid, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, a présidé mercredi une rencontre nationale réunissant les directeurs des coopératives des céréales et légumes secs (CCLS) et les cadres de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), entièrement consacrée à la préparation de la campagne moisson-battage 2025-2026. Selon le communiqué du ministère, le coup d’envoi est fixé au 12 avril prochain dans les wilayas du Sud, avant de s’étendre progressivement vers le nord du pays. La rencontre a d’abord permis d’évaluer la campagne labours-semailles en cours et d’examiner l’état des cultures région par région. Les taux de levée observés à travers le territoire ont fourni une première photographie des perspectives de récolte. C’est sur cette base que le ministre a fixé le cadre des préparatifs logistiques, insistant sur «l’importance d’une préparation proactive et rigoureuse de cette campagne dans tous ses aspects, avec la nécessité de mobiliser les moyens logistiques relevant du secteur public, et de les renforcer avec les capacités du secteur privé, notamment en ce qui concerne les camions, les entrepôts et les espaces de stockage». Parmi les mesures opérationnelles annoncées, Oualid a donné instruction de «lancer immédiatement l’élaboration d’un plan global et précis, définissant la répartition des moyens logistiques et des points de collecte des récoltes, en sus de l’organisation des opérations de transfert de la production entre les wilayas, en fonction des besoins et des capacités disponibles». Une cartographie logistique qui vise à éviter les embouteillages aux silos et les pertes post-récolte, deux maux chroniques qui ont régulièrement plombé les bilans des campagnes précédentes. Sur le plan technique, le ministre a préconisé l’équipement des moissonneuses-batteuses de dispositifs de détection des pertes de grains lors de la récolte — une innovation simple mais aux effets potentiellement significatifs sur les rendements nets collectés. En parallèle, la modernisation du parc de mécanisation agricole sera assurée cette saison par une filiale spécialisée du groupe Agrodiv, créée sur instruction présidentielle, qui aura pour mission de fournir des moissonneuses-batteuses modernes et une gamme élargie d’équipements agricoles aux exploitants.
Programme spécial de développement des légumineuses
Au-delà de la campagne immédiate, le ministre a esquissé les réformes structurelles qui s’appliqueront dès la saison suivante. Elles comprennent la révision du système de soutien aux intrants agricoles, la généralisation des analyses de sols et d’engrais, et l’introduction de nouvelles variétés de semences à haut rendement, «adaptées aux spécificités des différentes zones de production, notamment en termes de nature du sol et de conditions climatiques». Un programme spécial de développement des légumineuses sera également lancé dans le cadre de la rotation des cultures, avec un double objectif : augmenter la production nationale et améliorer le rendement à l’hectare tout en promouvant des pratiques agricoles durables.
Ces annonces interviennent dans un contexte de forte pression sur la filière céréalière nationale. L’Algérie importe encore massivement son blé — elle figure parmi les premiers acheteurs mondiaux — et chaque campagne nationale insuffisamment productive se traduit directement par une facture d’importation alourdie et une dépendance accrue aux marchés internationaux, dont la volatilité des prix a été brutalement rappelée par les crises de 2022 et 2023. Améliorer les rendements et sécuriser la collecte n’est donc pas seulement un enjeu agricole : c’est un impératif de souveraineté alimentaire.
Sabrina Aziouez

