Alger sans voitures : Un programme riche pour animer un vendredi de printemps
Le bitume appartenu aux piétons, aux vélos et aux rires d’enfants. La place Maurice Audin et l’esplanade de la Grande Poste ont vécu vendredi une journée hors du commun, à l’occasion du « vendredi sans voitures » organisé par l’Assemblée populaire communale d’Alger-Centre. Coïncidant avec les vacances scolaires de printemps et la Journée mondiale du Théâtre célébrée le 27 mars, cette initiative a transformé le cœur de la capitale en un vaste espace de vie partagée, de création et de convivialité familiale. La présidente de l’APC d’Alger-Centre, Mahdia Benghalia, a tenu à replacer l’événement dans sa dimension politique et citoyenne. « Nous continuons à organiser ce genre de manifestations sous l’égide de la Wilaya d’Alger pour redynamiser l’animation culturelle dans la capitale et sensibiliser à l’importance du vivre ensemble et au respect de l’environnement, à travers le divertissement et le loisir », a-t-elle expliqué. Et d’ajouter, en référence à la date choisie : « Coïncidant avec la célébration de la Journée mondiale du Théâtre, les enfants profiteront également d’un programme de circonstance, fait entre autres de plusieurs représentations théâtrales de rue. » Le programme déployé entre les deux pôles de l’animation a mobilisé de nombreux organismes culturels, sportifs et sociaux relevant de l’APC et de la Direction de la Jeunesse et des Sports de la wilaya. Côté spectacle vivant, les étudiants de l’Institut supérieur des métiers des arts du spectacle ont été à l’honneur. Encadrés par l’association Nahla spécialisée dans le théâtre de marionnettes, les jeunes artistes en formation Younes Seria, Abdelbacet Bouali, Mayas Bachouche, Yahia Fodhil et Aïssam Maâchou ont proposé des performances en solo ou en duo : monologues, stand-up comédie, spectacles de magie, de marionnettes et numéros de clown, traitant de thématiques socio-culturelles avec une fraîcheur qui a visiblement conquis le jeune public. Les ateliers destinés aux enfants n’étaient pas en reste. Dessin, coloriage, travaux manuels de recyclage artistique, jeux de société, parties d’échecs, volleyball et ping-pong en plein air : l’offre était dense et variée. Des espaces de sensibilisation à la nature ont également attiré la curiosité des plus jeunes, qui ont appris à planter des tiges et semer des graines, tout en observant lapins et volailles dans des enclos aménagés pour l’occasion — un contact avec le vivant rare dans un environnement urbain.
Sur le plan artistique, deux jeunes peintres autodidactes, Kenza Mehenni et Mohamed El Mahdi Begnine, ont réalisé en direct des fresques dédiées aux enfants en vacances, au patrimoine et à la Journée mondiale du Théâtre, offrant au public le spectacle d’une création en train de se faire. Une dizaine de toboggans gonflables, des jeux vidéo, des circuits à vélos, en petites voitures et en skateboard complétaient un dispositif conçu pour que chaque enfant trouve sa place. Autour d’eux, artisans et exposants proposaient vannerie, maroquinerie, dinanderie, bijoux traditionnels, huiles d’olive et miels, donnant à cette journée une couleur de foire populaire et authentique. Sous un soleil de printemps généreux, Alger-Centre a retrouvé, le temps d’un vendredi, le visage d’une ville à hauteur d’homme.
R.R.

