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8e Symposium de l’AIG : La sécurité des approvisionnements gaziers au cœur des débats

Alors que les cours du pétrole et du gaz naturel restent sous haute pression depuis le regain d’hostilités au Moyen-Orient à la fin du mois de février, l’Algérie s’apprête à tenir, les 30 et 31 mars à Oran, l’un des forums énergétiques les plus attendus du continent africain. L’Association algérienne de l’industrie du gaz (AIG) y organise la 8e édition de son symposium annuel, au Centre des Conventions Ahmed-Benahmed, sous le thème : « Gaz naturel et hydrogène : l’innovation pour une industrie durable et résiliente ». Cette rencontre intervient dans un contexte mondial particulièrement volatil. Depuis le 28 février 2026, l’escalade des tensions militaires au Proche-Orient a ravivé les craintes sur la sécurité des approvisionnements en hydrocarbures, faisant bondir les primes de risque sur les marchés à terme et poussant plusieurs pays importateurs à reconsidérer en urgence leurs contrats d’approvisionnement à long terme. Dans ce tableau troublé, l’Algérie — troisième fournisseur de gaz naturel de l’Union européenne — se retrouve une fois de plus propulsée au cœur des équilibres énergétiques mondiaux. Le symposium d’Oran prend dès lors une résonance bien au-delà de ses dimensions habituellement techniques.

Fondée en juin 1993 par Sonatrach et Sonelgaz, l’AIG « constitue un espace de concertation et d’échange entre les professionnels de l’industrie du gaz, visant à promouvoir le partage d’expériences et la recherche de solutions adaptées aux défis énergétiques », rappelle l’association dans son communiqué. Membre statutaire de l’Union internationale du gaz (UIG), elle siège désormais au sein de son comité exécutif, à la suite de l’élection de l’Algérie lors du 29e Congrès mondial du gaz, tenu à Pékin en mai 2025.

La programmation de cette huitième édition reflète l’ambition de l’événement. Six axes thématiques structureront les conférences et tables rondes : le rôle du gaz naturel dans la sécurité énergétique et « la stabilité des approvisionnements mondiaux », la transition et la décarbonation du secteur gazier — incluant les techniques de captage et la valorisation du CO₂ —, les perspectives liées à l’hydrogène, l’apport de la digitalisation et de l’intelligence artificielle, l’optimisation de la chaîne gazière par la maintenance, et enfin le développement du capital humain, qualifié de « levier essentiel du progrès du secteur ». L’agenda couvre ainsi l’ensemble du spectre des défis auxquels font face les producteurs et les opérateurs gaziers dans un monde en transition accélérée.

La présence annoncée du secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), Farid Ghezali, apporte une dimension continentale de premier plan à ces travaux. En visite de travail en Algérie depuis dimanche, M. Ghezali interviendra en qualité d’« intervenant stratégique principal », avec une communication intitulée « Le gaz naturel au service de l’Afrique : souveraineté énergétique, industrialisation et coopération africaine… L’APPO comme catalyseur ». Selon le communiqué du ministère des Hydrocarbures et des Mines, cette participation s’inscrit dans « le cadre du renforcement des débats stratégiques sur le rôle du gaz naturel dans le soutien au développement dans le continent africain » et dans « la promotion de la coopération entre les pays africains producteurs d’hydrocarbures, en vue de réaliser la souveraineté énergétique et d’impulser l’industrialisation et l’intégration continentale ». Ces mots résonnent avec force à l’heure où plusieurs capitales africaines plaident pour une valorisation locale des ressources plutôt qu’une simple exportation à bas coût.

Autour de la table d’Oran se retrouveront des membres du Gouvernement, des autorités locales, des chefs d’entreprises du secteur, des représentants de l’UIG et de l’APPO, mais aussi des experts, chercheurs, ingénieurs et universitaires. La diversité des participants illustre ce que le symposium de l’AIG est devenu en trois décennies : un carrefour stratégique où se croisent impératifs industriels, ambitions diplomatiques et urgences climatiques. 

Samira Ghrib

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