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Algérie – Uruguay à Turin : Les Verts face à leur premier vrai test grandeur nature

Après avoir humilié le Guatemala sur le score fleuve de 7 à 0, la sélection algérienne de football s’apprête à franchir un cap dans sa préparation au Mondial 2026. 

Ce mardi soir à 19h30 (heure algérienne), à l’Allianz Stadium de Turin, les hommes de Vladimir Petkovic affrontent l’Uruguay en match amical, un adversaire d’une toute autre envergure qui constituera, à moins de deux mois et demi du coup d’envoi de la Coupe du monde, le premier véritable baromètre des ambitions algériennes. L’Uruguay n’est pas un adversaire ordinaire. Deux fois championne du monde (1930 et 1950), quinze fois lauréate de la Copa América et double médaillée d’or aux Jeux olympiques, la Celeste figure parmi les nations qui ont écrit l’histoire du football mondial. Actuellement classée au 17e rang mondial par la FIFA, elle est dirigée par l’Argentin Marcelo Bielsa, technicien de réputation mondiale dont la méthode exigeante et le jeu de haute intensité sont redoutés sur tous les continents. Vendredi dernier à Wembley, l’Uruguay a tenu tête à l’Angleterre, arrachant un nul (1-1) grâce à un but de Federico Valverde dans le temps additionnel. Un résultat qui confirme la solidité d’un groupe pétri de grands noms : le milieu du Real Madrid Valverde, le défenseur barcelonais Ronald Araujo, le percutant Darwin Nunez, Manuel Ugarte du Paris Saint-Germain, sans oublier les figures tutélaires que sont Luis Suarez et Edinson Cavani. La mission des Verts s’annonce donc ardue, mais c’est précisément pour cela qu’elle est attendue.

Valverde prévient, Scaloni observe

Du côté uruguayen, le ton est donné. Auteur du but égalisateur face aux Anglais, Federico Valverde a abordé ce rendez-vous avec sérieux et lucidité. « Les matchs contre l’Angleterre et l’Algérie comptent parmi nos dernières répétitions avant le Mondial. Nous allons les aborder avec l’objectif de nous préparer au mieux pour cette compétition », a déclaré le milieu madrilène. Il a également insisté sur la dimension collective de cet exercice : « Ces rencontres amicales doivent nous permettre d’améliorer notre entente sur le terrain, de consolider l’unité du groupe et d’intégrer les nouveaux joueurs. Elles seront aussi l’occasion d’appliquer les consignes du sélectionneur. » Un avertissement voilé qui traduit la concentration d’une équipe qui ne prend rien à la légère.

L’Algérie, elle, est également observée de près par ses futurs adversaires de poule. Le sélectionneur argentin Lionel Scaloni, qui évoluera dans le même groupe J aux côtés des Verts, de l’Autriche et de la Jordanie, a suivi attentivement la démonstration algérienne face au Guatemala. À l’issue de la laborieuse victoire de l’Albiceleste contre la Mauritanie (2-1), il n’a pas mâché ses mots. « Nous avons regardé un peu Algérie-Guatemala et un peu Autriche-Ghana, deux matchs qu’ils ont remportés haut la main. Ce sont des adversaires redoutables », a-t-il affirmé en conférence de presse, avant de prévenir ses joueurs : « Ils vont jouer à 100 %, comme la Mauritanie aujourd’hui. » Un satisfecit inattendu, mais éloquent.

Les nouveaux à l’épreuve du feu

Sur le plan algérien, ce match revêt une double signification. Il s’agit d’abord de confirmer la dynamique collective enclenchée contre le Guatemala, et ensuite — peut-être surtout — de permettre à Vladimir Petkovic d’affiner ses choix en vue de la liste définitive pour le Mondial. Plusieurs joueurs qui avaient brillé lors de la première joute amicale seront attendus au tournant face à une opposition bien plus relevée. Parmi eux, les nouvelles têtes qui avaient créé la bonne surprise : le gardien Melvin Mastil, issu du FC Stade Nyonnais en Suisse, avait gardé sa cage inviolée pendant l’intégralité de la rencontre. Le défenseur Achraf Abada, de l’USM Alger, l’attaquant Ahmed Benbouali, évoluant en Hongrie sous les couleurs du FC Gyori, et Fares Ghedjemis, qui porte le maillot de Frosinone en Serie B italienne, avaient chacun inscrit un but, se montrant décisifs autant que spectaculaires. Face à l’Uruguay, ces jeunes éléments auront l’occasion de prouver que leur performance n’était pas un feu de paille mais le signe d’une intégration durable dans le groupe national. Le match sera également marqué par le retour attendu de Hicham Boudaoui. Le milieu de terrain, dispensé contre le Guatemala en raison d’une forte grippe, devrait faire son entrée dans le onze ou être disponible sur le banc, offrant à Petkovic une option supplémentaire dans l’entrejeu. Le sélectionneur devrait par ailleurs procéder à des rotations afin de donner du temps de jeu aux joueurs n’ayant pas participé à la première rencontre, dans une logique de gestion du groupe à l’approche de l’échéance mondiale.

Ce rendez-vous de Turin s’inscrit dans une trajectoire de préparation soigneusement planifiée. Les Verts, qui ont retrouvé la Coupe du monde après avoir manqué les éditions de 2018 et 2022, disputeront un troisième et dernier match amical le 3 juin prochain à Rotterdam face aux Pays-Bas, avant de s’envoler vers le continent américain. Leur dernière participation à la phase finale remonte à 2014, au Brésil, où ils avaient atteint les huitièmes de finale avant de s’incliner face à l’Allemagne (2-1 après prolongations). Cette fois, la qualification a été obtenue avec autorité, les Algériens ayant terminé en tête de leur groupe éliminatoire avec 25 points.

Au-delà du résultat, c’est donc l’image que renverra cette équipe ce mardi soir qui importera. Tenir tête à l’Uruguay de Bielsa, de Valverde et de Nunez serait un signal fort, adressé aussi bien aux prétendants du groupe J qu’au peuple algérien qui attend son équipe nationale avec une impatience et une ferveur retrouvées. Le test est grand. L’heure est venue de l’affronter.

Moncef Dahleb

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