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L’ANP mène une bataille silencieuse aux frontières Ouest : Une guerre totale contre les narco-trafiquants 

Un documentaire de l’ANP lève le voile sur l’ampleur d’une bataille silencieuse menée aux frontières ouest, là où des soldats affrontent chaque jour les réseaux qui tentent d’inonder le pays de cannabis.

Des soldats tapis dans l’obscurité du désert, des embuscades tendues à l’aube, des tonnes de drogue saisies avant même d’atteindre les premières villes. C’est le visage brut d’une guerre que l’Algérie mène sans relâche sur ses frontières ouest, et que l’Armée nationale populaire (ANP) a choisi de rendre publique. Un film documentaire produit par la Direction de l’information et de la communication de l’État-major, intitulé « Guerre contre la drogue, l’Algérie au cœur de la bataille », offre pour la première fois un regard direct sur les opérations de terrain menées par les formations de combat et les gardes-frontières. Des images réelles, des chiffres saisissants, et un message politique sans équivoque.

Les statistiques distillées par le documentaire donnent la mesure de l’enjeu. « Au premier semestre de l’année 2025, plus de 170 quintaux de kif traité ont été saisis, et plus de 700 quintaux en 2020 », révèle le film. Une progression qui traduit à la fois l’intensification du trafic et la montée en puissance du dispositif de surveillance. Embuscades, ratissages, patrouilles nocturnes : les formations de combat déployées le long des frontières ouest multiplient quotidiennement les opérations pour contrecarrer des trafiquants dont les méthodes s’adaptent en permanence. Des tonnes de kif traité ont déjà été détruites dans le cadre d’opérations conjointes impliquant plusieurs secteurs sécuritaires.

La géographie explique en partie la pression subie par cette ligne de front. L’Algérie partage une longue frontière terrestre avec le Maroc, que l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) désigne comme le plus grand producteur mondial de cannabis. Mais pour les experts algériens, le danger dépasse la simple logique économique du trafic. Une étude menée par des chercheurs de l’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC), rattaché au Commandement de la gendarmerie nationale, et publiée dans des revues scientifiques internationales, apporte un éclairage alarmant : les échantillons de cannabis saisis aux frontières ouest révèlent une teneur en principe actif THC « dépassant les 20 % », transformant de facto le haschich, longtemps considéré comme une drogue dite douce, en « une drogue dure provoquant une addiction psychique et physique », constituant ainsi « une menace pour la santé publique et la sécurité nationale ».

Face à ce danger, l’Algérie a structuré sa riposte autour d’une stratégie globale portée au plus haut niveau de l’État. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale, en a fixé les contours : « le renforcement de plusieurs lignes de défense à travers différents fronts, mobilisant l’ensemble des institutions et des moyens ». Lors de sa visite au siège du ministère de la Défense nationale en octobre dernier, il avait dénoncé des « tentatives d’inonder l’Algérie de drogue pour compromettre l’avenir du pays et son pilier fondamental : sa jeunesse ».

Le chef d’État-Major de l’ANP, le général d’armée Saïd Chanegriha, a quant à lui tracé la ligne de conduite des forces armées avec une netteté sans ambiguïté. L’ANP, a-t-il affirmé, « accorde une importance particulière à la lutte contre ce phénomène pernicieux et nous n’aurons aucune tolérance envers ses barons ». Il a appelé à « combattre les réseaux de narcotrafic et éliminer ces criminels, traitres de la nation, en mettant en œuvre des procédés opératoires adaptés aux modes d’action de ces criminels, et en mobilisant tous les moyens possibles, afin de préserver notre pays des méfaits de ce fléau, qui s’inscrit dans le cadre des vils desseins qui se trament contre notre pays ».

La dimension politique de ce trafic est assumée sans détour dans le documentaire. Deux universitaires algériens spécialisés en sciences politiques et relations internationales y apportent leur lecture. Pour le Dr Houssam Hamza, « la légalisation du commerce du cannabis au Maroc a des répercussions sécuritaires graves sur la région, en raison de la convergence entre les convoitises économiques et l’intention politique du Makhzen d’inonder l’Algérie de drogue », estimant que « la lutte contre ce phénomène nécessite une approche multidimensionnelle ». La Dr Saïda Salama va plus loin, dénonçant des « manœuvres vouées à l’échec » que le régime du Makhzen mènerait « depuis l’indépendance pour déstabiliser le pays », ciblant « particulièrement la jeunesse » pour « fragiliser le tissu social afin de porter atteinte à la sécurité nationale ». En rendant public ce documentaire, l’ANP ne fait pas que comptabiliser ses succès opérationnels. Elle affirme une doctrine et adresse un signal : la frontière Ouest est tenue, et la guerre contre la drogue est, pour l’Algérie, une affaire d’État.

Malik Meziane

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