LFP : La commission de discipline frappe fort
Le derby algérois entre le MC Alger et le CR Belouizdad continue de faire des dégâts bien après le coup de sifflet final. Réunie le 30 mars, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a rendu ses verdicts à l’issue de sa séance hebdomadaire, infligeant des sanctions sévères aux protagonistes des incidents qui ont émaillé la fin de cette rencontre tendue, comptant pour la mise à jour de la 16e journée du championnat. Le défenseur mouloudéen Ayoub Abdellaoui en sort avec la punition la plus lourde : huit matches de suspension dont deux avec sursis, assortis d’une amende ferme de 100 000 dinars. Le cas Abdellaoui est celui qui retient le plus l’attention. Expulsé dans les dernières minutes du match remporté par le Mouloudia sur le score d’un but à zéro, le défenseur central ne s’est pas contenté de recevoir son carton rouge. Son comportement dans la foulée de l’expulsion, marqué par des insultes et injures jugées attentatoires à la dignité et à l’honneur, a considérablement alourdi sa sanction. La commission a en effet établi que le joueur était en état de première récidive, ayant déjà fait l’objet d’une sanction disciplinaire antérieure pour des faits similaires. C’est l’application de l’article 74 alinéa 2 du code disciplinaire, combiné aux articles 31, 39 et 67/1, qui a conduit la commission à prononcer cette suspension particulièrement sévère. Avec six matches fermes à purger immédiatement, Abdellaoui manquera une bonne partie de la fin de saison à une période où chaque point compte dans la course aux premières places. Son amende de 100 000 dinars prend effet à compter de la date de notification officielle de la décision.
Du côté du Chabab Belouizdad, l’addition est moins salée mais reste douloureuse. Le milieu de terrain Boukerchaoui Bilal, lui aussi impliqué dans la bagarre de fin de match et dans les comportements jugés inappropriés qui ont suivi, a écopé de trois matches fermes de suspension et d’une amende de 50 000 dinars. La commission a visionné les images audiovisuelles conformément à l’article 5/3 du règlement avant de statuer, ce qui témoigne du sérieux avec lequel ces incidents ont été instruits. Les deux clubs rivaux sortent donc de cet épisode disciplinaire avec des effectifs amputés, au mauvais moment d’une saison qui entre dans sa phase décisive. Les sanctions ne s’arrêtent pas aux seuls acteurs du derby. L’entraîneur adjoint de l’USM Alger, Hadj Adlène, a lui aussi été convoqué devant la commission après son expulsion lors du match de la 16e journée opposant son équipe à la JS Kabylie. Les propos qu’il a tenus, qualifiés de blessants et portant atteinte à la dignité et à l’honneur, lui ont valu une suspension d’un mois ferme ainsi qu’une amende de 100 000 dinars, applicable depuis le 26 mars. Une sanction qui prive le staff technique usmiste d’un collaborateur important dans la dernière ligne droite du championnat.
La commission a également statué sur une affaire en reprise concernant le Mouloudia d’El Bayadh. Le joueur Cherbiti Mohamed Amine, expulsé pour insultes envers l’arbitre et convoqué à comparaître, ne s’est pas présenté devant l’instance malgré une convocation en bonne et due forme. La commission a néanmoins tranché en son absence, lui infligeant six mois de suspension dont trois avec sursis, ainsi qu’une amende de 40 000 dinars, applicable depuis le 16 mars dernier.
Ces décisions illustrent la fermeté affichée par la LFP face aux débordements qui ternissent l’image du football professionnel algérien. La multiplication des incidents en fin de match, particulièrement lors de rencontres à fort enjeu comme les derbies de la capitale, pousse l’instance disciplinaire à durcir le ton, en s’appuyant notamment sur les moyens audiovisuels pour étayer ses décisions. Le message est clair : les comportements irrespectueux envers les arbitres, les adversaires ou plus généralement envers l’éthique sportive seront sanctionnés avec une sévérité croissante, d’autant plus lorsque la récidive est établie.
M.D.

