Mosquée de Boussemghoun : Un joyau architectural, un phare spirituel
Au cœur du palais historique de Boussemghoun, dans la wilaya d’El Bayadh, se dresse depuis plus de seize siècles un édifice chargé d’histoire : la mosquée ancienne de Boussemghoun. Monument phare de la civilisation musulmane dans le sud-ouest algérien, elle incarne à la fois un patrimoine architectural d’exception et un centre spirituel majeur dont l’influence rayonne bien au-delà des frontières régionales. Nichée au cœur du palais connu sous le nom de « Qassar Al-Assa » (le palais du Bonheur), la mosquée ancienne constitue un témoignage vivant de la présence islamique ancienne en Afrique du Nord. Selon Belhadji Laghrissi, chercheur en patrimoine local et secrétaire général de l’Association nationale pour le développement du tourisme des ksours et des oasis, « cette mosquée figure parmi les monuments les plus anciens de la région et du pays, remontant aux débuts de la conquête musulmane », a-t-il indiqué à l’APS. Le palais lui-même, datant de 17 siècles, attire annuellement un nombre considérable de visiteurs et de pèlerins en raison de la présence de la zaouïa et de la retraite spirituelle de Sidi Ahmed Tidjani, fondateur de la confrérie Tidjania.
Édifiée sur une surface d’environ deux cent dix mètres carrés, la mosquée a été construite avec des matériaux naturels locaux résistant au climat désertique. Son toit, recouvert de genévrier et de branches de laurier-rose, témoigne d’un savoir-faire constructif ancestral. « La salle de prière se distingue par sa forme rectangulaire et comprend 31 colonnes porteuses », précise Belhadji Laghrissi. Son mihrab, orné d’une demi-coupole lisse, indique la direction de La Mecque. Le minbar en pierre, à gauche du mihrab, accueille l’imam pour le sermon du vendredi. La cour, de forme rectangulaire, offre une surface plus vaste que celle réservée à la prière. Le minaret s’élève à une hauteur de 21 mètres. « Ce minaret constitue une merveille d’ingénierie et compte parmi les plus anciens du sud-ouest algérien, son ancienneté dépassant huit cents ans », souligne Belhadji Laghrissi.
La mosquée a connu quelques restaurations au cours du siècle dernier. « Ces interventions ont porté sur le renouvellement de la toiture et l’expansion de la salle de prière, mais ces travaux n’ont pas modifié les traits architecturaux originels », explique le chercheur. Historiquement, elle a joué un rôle central : elle servait de siège au savoir religieux avec ses cercles d’apprentissage du Coran, et abritait les assemblées qui régissaient les affaires du palais et arbitraient les différends. Elle supervisait également l’aumône légale et les initiatives caritatives.
Aujourd’hui, la mosquée demeure un centre spirituel vivant. Les habitants et visiteurs s’y rendent pour accomplir les cinq prières quotidiennes, notamment les prières de tarawih pendant le Ramadan. Le site, incluant la zaouïa de Sidi Ahmed Tidjani et le palais, persiste à incarner un lieu de spiritualité profonde et un témoignage authentique du passé glorieux, profondément ancré dans la mémoire collective algérienne.
M.S.

