Culture

Bibliothèque nationale : La littérature pour enfants en débat

La Bibliothèque nationale algérienne accueille, depuis mercredi et pour une durée de deux jours, les travaux du deuxième Colloque national consacré à la littérature enfantine, organisé en partenariat avec l’association nationale culturelle « Irtiqa ». Placée sous l’intitulé évocateur « L’industrie de la littérature pour enfants en Algérie : réalité et défis », cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la commémoration de la Journée mondiale du livre de l’enfant, célébrée chaque année le 2 avril.

Loin d’être un simple rendez-vous symbolique, ce colloque se veut un espace de réflexion approfondie et pluridisciplinaire autour d’un pan de la création littéraire longtemps relégué au second plan du champ culturel national. Selon le communiqué de l’organisateur, la manifestation réunira « des enseignants et chercheurs issus de différentes universités algériennes », appelés à croiser leurs regards sur l’importance de « l’investissement dans la culture de l’enfant comme pilier fondamental de la construction de l’identité nationale ».

Le programme scientifique et académique arrêté pour ces deux journées s’annonce dense et ambitieux. Les intervenants aborderont tour à tour le cadre conceptuel et la fonction esthétique de la littérature pour enfants, ses jalons historiques et académiques en Algérie, avant de s’atteler aux mutations profondes que lui imposent les nouvelles technologies. La question de « la littérature à l’ère du numérique, les récits de l’intelligence artificielle et les défis des mondes virtuels » figurera ainsi en bonne place dans les débats, témoignant d’une volonté de situer la réflexion au cœur des enjeux contemporains. Les dimensions pédagogiques et éducatives ne seront pas en reste, avec un éclairage particulier sur « le rôle de la littérature dans l’ancrage des valeurs morales et sociales » auprès du jeune lectorat.

Le colloque réserve également une place de choix aux voix des créateurs eux-mêmes. Des écrivains tels que Rabah Khadousi et Hocine Abrous partagent leurs expériences de l’écriture pour l’enfance, naviguant entre les exigences du travail créatif et les contraintes d’une industrie culturelle encore en structuration. Ces témoignages vivants promettent d’apporter à la réflexion collective une dimension concrète et humaine, loin des seuls discours théoriques.

La rencontre est également marquée par la présence d’un invité d’honneur de prestige. Le moudjahid et homme de lettres Abdellah Othamnia a été distingué pour l’occasion, en reconnaissance, précise le communiqué, « de son parcours et de ses contributions » à la vie culturelle algérienne. Ce choix illustre la volonté des organisateurs d’inscrire ce débat dans une continuité mémorielle et identitaire forte.

En marge des sessions académiques, un programme d’activités de terrain viendra enrichir l’événement. Une exposition consacrée au livre pour enfants, rassemblant « les dernières publications destinées à la jeunesse », est ouverte au public, tandis que des ateliers créatifs et des animations spécialement conçus pour les enfants viseront à « tisser un lien entre l’enfant et le livre dans une atmosphère de divertissement et de créativité ». Une manière, pour les organisateurs, de prolonger le propos scientifique par une expérience vivante et accessible au plus jeune âge. Ce deuxième colloque national témoigne, s’il en était besoin, d’une prise de conscience croissante autour des enjeux que représente la littérature enfantine pour l’avenir culturel et identitaire de l’Algérie. En réunissant universitaires, écrivains et acteurs du secteur éditorial autour d’une même table, il ouvre la voie à une réflexion collective indispensable sur les conditions de développement d’une véritable industrie du livre pour enfants, à la hauteur des ambitions d’un pays qui place la jeunesse au cœur de son projet de société.

M.S.

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