Annaba : Six projets touristiques en cours, d’autres à l’arrêt
Sur 68 projets touristiques et hôteliers agréés à Annaba, seuls trois ont été achevés à ce jour, tandis que 41 n’ont même pas encore été lancés. Face à ce bilan contrasté, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat a détaillé les mesures mises en place pour relancer un secteur considéré comme stratégique, en réponse à une question écrite d’un député de l’Assemblée populaire nationale. Face aux blocages persistants qui freinent le développement touristique à Annaba, les autorités publiques multiplient les initiatives pour tenter de relancer un secteur considéré comme stratégique pour l’économie locale. Malgré un potentiel naturel et foncier important, la dynamique d’investissement reste contrastée, partagée entre projets en cours de réalisation, initiatives gelées et difficultés structurelles qui ralentissent leur concrétisation. Dans ce contexte, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat a récemment détaillé les mesures mises en place pour soutenir les projets en souffrance dans la wilaya, en réponse à une question écrite du député de l’Assemblée populaire nationale, Mohamed El Hadi Tebessi, qui s’est interrogé sur le devenir des investissements bloqués ainsi que sur la concrétisation d’un institut spécialisé en tourisme et hôtellerie dans la région. Un budget de 900 millions de dinars a ainsi été alloué à l’aménagement de trois zones d’expansion touristique majeures, à savoir Oued Bakrat dans la commune de Seraïdi, la Corniche d’Annaba et le golfe ouest de Chetaïbi. Deux de ces sites se trouvent actuellement en phase finale de procédures administratives, étape préalable au lancement effectif des travaux, ce qui illustre à la fois la volonté de l’État d’avancer et la lenteur des démarches administratives qui continuent de peser sur le secteur. La wilaya dispose pourtant d’un portefeuille foncier touristique conséquent, réparti sur cinq zones d’expansion couvrant une superficie totale de 2 530 hectares, un atout majeur encore sous-exploité.
Dans ce cadre, l’Agence algérienne de promotion de l’investissement a attribué 11 parcelles à des investisseurs pour une superficie globale dépassant 50 000 m². Sur la Corniche d’Annaba, huit parcelles ont été mobilisées pour des projets variés comprenant notamment quatre restaurants touristiques, un centre commercial, une résidence hôtelière, un centre de thalassothérapie, un camp touristique ainsi que des espaces de loisirs. Par ailleurs, deux parcelles situées à Oued Bakrat ont été destinées à la réalisation d’un hôtel et d’un restaurant touristique, tandis qu’une autre parcelle à Sidi Salem doit accueillir un projet hôtelier supplémentaire. Malgré ces initiatives, le bilan global du secteur révèle des difficultés importantes. Sur les 68 projets touristiques et hôteliers agréés, représentant une capacité totale de 9 688 lits et près de 4 000 emplois directs potentiels, seuls trois projets ont été achevés, offrant 704 lits, alors que six autres sont actuellement en cours de réalisation avec une capacité de 820 lits. En revanche, 18 projets sont à l’arrêt et 41 n’ont même pas été lancés, principalement en raison de contraintes financières ou de difficultés personnelles rencontrées par les investisseurs. Les autorités affirment néanmoins maintenir un accompagnement continu, aussi bien au niveau central que local, afin de lever les obstacles qui entravent l’avancement des projets, notamment les contraintes techniques liées à l’obtention de permis de construire modificatifs. Toutefois, ces efforts restent confrontés à des défis structurels plus larges, tels que le financement, la complexité administrative et parfois le manque de visibilité pour les investisseurs. Dans ce paysage marqué par l’incertitude, la création d’un institut national de tourisme et d’hôtellerie dans l’est du pays demeure en suspens, conditionnée par la disponibilité du foncier et des ressources budgétaires. Ce projet, pourtant jugé essentiel pour renforcer les compétences et soutenir durablement le développement du secteur, illustre à lui seul les enjeux auxquels fait face le tourisme à Annaba, entre ambitions affichées et réalités du terrain.
Sofia Chahine

