La ministre de la Culture en visite de terrain à Annaba : Des décisions concrètes et des échanges francs avec le monde artistique
La ministre de la Culture et des Arts, Maliha Bendouda, a bouclé jeudi une visite de travail dans la wilaya d’Annaba par une série de rencontres et d’annonces structurantes pour le secteur culturel local. Accompagnée du wali Abdelkrim Lamoury, elle a parcouru les principaux équipements culturels de la ville avant de présider une réunion décisive avec les enseignants des instituts artistiques régionaux. La tournée a débuté au Théâtre régional Azzedine Meddjoubi, où la ministre a tenu une séance d’écoute avec les artistes et les intellectuels de la région. L’échange, décrit comme franc et ouvert, a permis de faire remonter les préoccupations du milieu créatif local. Bendouda y a rappelé la philosophie qui guide son action : selon le communiqué officiel, elle a affirmé que le rôle du ministère « consiste à créer l’environnement propice et le climat favorable à la création », tandis que l’acte créatif relève, lui, de la responsabilité des artistes eux-mêmes. Elle a pris l’engagement de lancer des projets culturels « à la hauteur du statut et de l’histoire de la ville d’Annaba ».
Deuxième étape, la bibliothèque principale de lecture publique Barakat Slimane, où la ministre a visité les différents espaces du fonds documentaire avant de présider une cérémonie de distinction. Plusieurs créateurs et écrivains ont été honorés pour « leurs efforts remarquables » : Ayachi Dib, Mohamed Djandali, Saïd Dahmani, Redouane Allaoui, les autrices Um El Banine et Um Sara, Rahmani Nabil ainsi que le réalisateur Mohamed Stitti. La ministre a également reçu en cadeau un ensemble d’œuvres littéraires de l’écrivaine Nadia Nouassar.
La troisième étape de la visite s’est déroulée à la Maison de la culture Mohamed Boudiaf, où une exposition pluridisciplinaire était organisée, regroupant des ateliers de cinéma, d’audiovisuel, d’arts plastiques, de musique et de danse. Un stand consacré aux timbres postaux, notamment ceux relatifs à l’héritage de Saint Augustin, a particulièrement retenu l’attention, illustrant, selon les organisateurs, « l’imbrication de l’art et de l’histoire millénaire de la région ». Sur le plan de la gestion, et compte tenu de l’achèvement de l’étude technique pour la réhabilitation et l’équipement de l’établissement, la ministre a confirmé qu’une priorité serait donnée à l’inscription de cette opération dans la prochaine loi de finances. Elle a également donné des instructions fermes pour que les portes de la Maison de la culture restent ouvertes en soirée au bénéfice des associations culturelles et artistiques, « afin de permettre une exploitation optimale de cet espace et d’activer le rôle de la société civile dans l’animation de la scène culturelle de la wilaya d’Annaba ».
C’est toutefois la réunion finale qui a concentré les annonces les plus attendues. En clôture de sa visite, Maliha Bendouda a reçu les enseignants des annexes de l’Institut régional de formation musicale et de l’École régionale des beaux-arts. Après avoir « écouté avec une profonde attention leurs revendications professionnelles et pédagogiques », elle a annoncé une série de décisions stratégiques. En premier lieu, le lancement immédiat de l’étude des procédures techniques et administratives en vue de promouvoir ces annexes au rang d’instituts régionaux autonomes — une revendication de longue date du corps enseignant. La ministre a également insisté sur la nécessité d’une meilleure exploitation des espaces pédagogiques et sur l’ouverture de nouveaux postes d’emploi pour accueillir un plus grand nombre d’étudiants désireux de développer leurs talents.
Régularisation des contractuels
Sur le dossier sensible du statut des enseignants contractuels, Bendouda a affiché un engagement sans équivoque. Le communiqué indique qu’elle a « pleinement adopté le dossier de régularisation de la situation administrative des enseignants sous contrat », précisant que les services du ministère travaillent « en coordination avec la Fonction publique pour apporter des solutions définitives et radicales à la question des diplômes et du recrutement des diplômés des instituts dans les délais les plus proches ». Une perspective s’est par ailleurs ouverte pour les étudiants et enseignants de l’Institut musical : la ministre a proposé d’associer l’orchestre de l’établissement au programme du Forum intellectuel méditerranéen dans sa première édition, consacrée à l’héritage de Saint Augustin — signe, selon elle, de « la confiance en la qualité de la formation artistique dispensée par ces institutions historiques de la ville d’Annaba ».
Mohand S.

