Monde

Dix civils tués à Al-Maghazi : À Ghaza, le massacre continue malgré le cessez-le-feu

Dix civils palestiniens tués en une seule frappe à Al-Maghazi. Ils s’étaient rassemblés à l’est du camp de réfugiés d’Al-Maghazi, dans le centre de la bande de Ghaza. Dix d’entre eux n’en sont pas repartis. Une frappe aérienne israélienne a ciblé ces civils, dont les dépouilles ont été transférées à l’hôpital des martyrs d’Al-Aqsa, à Deir al-Balah, selon des sources médicales citées par l’agence Anadolu. Aucune revendication militaire, aucune explication, aucune cible désignée : juste dix morts de plus dans un camp de réfugiés dont le nom résume à lui seul l’histoire de toute une nation dépossédée. Ce massacre intervient dans un contexte qui en aggrave la portée : un cessez-le-feu est officiellement en vigueur depuis le 10 octobre 2025. Il n’empêche rien. Depuis cette date, 723 Palestiniens ont été tués et 1 990 blessés dans des attaques israéliennes, selon les autorités sanitaires palestiniennes. L’armée israélienne multiplie les frappes «de manière quasi quotidienne», note l’agence Anadolu, en violation caractérisée d’un accord dont la communauté internationale peine à exiger le respect. Le bilan global, lui, donne le vertige. Depuis le 7 octobre 2023, l’agression génocidaire israélienne contre Ghaza a fait 72 302 martyrs et 172 090 blessés, en majorité des femmes et des enfants, selon les autorités sanitaires de Ghaza. En 29 mois, une population entière a été décimée, ses hôpitaux détruits, ses quartiers rasés, ses familles dispersées sous les décombres. Les secouristes signalent que de nombreuses victimes restent encore ensevelies, faute de moyens et d’accès. Au cours des seules dernières vingt-quatre heures, sept corps et dix-sept blessés supplémentaires ont été acheminés vers les établissements de soins de Ghaza.

La mort légalisée pour les prisonniers

Pendant que les bombes tombent sur Ghaza, une autre offensive se déroule dans les prétoires. L’entité sionite vient d’adopter une loi instaurant la peine de mort pour les prisonniers palestiniens. Une décision qui a provoqué une grève générale en Cisjordanie occupée la semaine dernière, et qui a réuni lundi des responsables locaux, d’anciens prisonniers et des familles de détenus en sit-in au centre-ville d’Aréha. Le gouverneur d’Aréha et de la vallée du Jourdain, Hussein Hamaïl, a tranché : «les réactions internationales à ce projet ne sont pas à la hauteur», appelant la communauté internationale à «assumer ses responsabilités pour mettre fin à ces violations et en poursuivre les auteurs». Une apostrophe qui résonne dans le vide des résolutions non appliquées et des condamnations sans suite. Le directeur du Club des prisonniers à Aréha, Aïd Barahma, a rappelé que «ces mobilisations réaffirment le droit des détenus à la vie et à la dignité», tout en «mettant en lumière les violations commises par l’occupation».

La Cisjordanie occupée n’est pas épargnée. En 24 heures, au moins quinze Palestiniens ont été arrêtés par les forces israéliennes dans les gouvernorats de Ramallah, Qalqiliya et El-Khalil, selon le Bureau d’information des prisonniers. Parmi eux, des enfants et d’anciens prisonniers. Les arrestations s’accompagnent, selon la même source, «d’intimidations, d’agressions sur les détenus et leurs familles, de tirs directs avec l’intention de tuer, d’utilisation des détenus comme boucliers humains, ainsi que de sabotages et de destructions dans les maisons des citoyens». Depuis le 7 octobre 2023, ce sont plus de 22 000 Palestiniens qui ont été arrêtés en Cisjordanie occupée et à El-Qods. La mécanique est rodée : tuer à Ghaza, emprisonner en Cisjordanie, légiférer pour exécuter. Pendant ce temps, le compteur des morts tourne, et le monde regarde.

L.S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *