Poutine l’a officialisé vendredi : Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia rattachés à la Russie

Au terme d’un discours de trente-sept minutes, interrompu à dix reprises par les applaudissements de hauts responsables, le président russe Vladimir Poutine a signé vendredi le rattachement à la Fédération de Russie des oblasts de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia. L’événement historique intervenait trois jours après des référendums organisés dans les 4 territoires annexés. La cérémonie s’est poursuivie par une «fête patriotique» sur la place Rouge où Vladimir Poutine a fait une apparition. «La Russie ouvre son cœur. Bienvenue à la maison», a déclaré Vladimir Poutine à l’adresse des populations des régions rattachées à la Russie. « Rien n’est plus fort que la détermination de millions de personnes (…) qui se considèrent comme faisant partie de la Russie», a déclaré le président russe. Les résultats officiels des référendums ont avoisiné les 99 % de «oui». Assis au premier rang, les quatre dirigeants de ces territoires ont signé tour à tour les documents d’annexion avant de se prendre par les mains et de scander «Russie ! » à l’unisson avec la salle. La Russie a bloqué vendredi une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui condamnait les annexions. La Chine s’est abstenue. «Les personnes vivant à Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson deviennent nos citoyens. Pour toujours», a affirmé M. Poutine pour signifier que les décisions entérinées hier étaient non négociables. «La Russie appelle Kiev à cesser immédiatement le feu et à revenir à la table de négociations», a déclaré par ailleurs le chef du Kremlin. Une invitation, aussitôt refusée par Kiev qui a fait savoir qu’aucune discussion n’était envisageable tant que Vladimir Poutine serait au pouvoir.  «La victoire nous appartiendra», s’est contenté de lancer M. Poutine sur la place Rouge. Auparavant, dans la salle Saint-Georges, il a une fois encore fait planer la menace nucléaire, en déclarant que la «Fédération de Russie défendrait son territoire avec toutes les forces et tous les moyens disponibles». «C’est la grande mission libératrice de notre peuple», a ajouté Vladimir Poutine. Et de faire, un peu plus tard, une autre lourde allusion : «Les États-Unis sont le seul pays du monde à avoir utilisé deux fois des armes nucléaires. Ils ont créé un précédent (…) ». Le corps de son discours a pris la forme d’une charge contre l’«Occident collectif». «Ils ne veulent pas que nous soyons libres, ils veulent nous voir comme une colonie. Ils ne veulent pas d’une coopération égale mais d’un pillage, ils ne veulent pas nous voir comme une société libre mais comme une foule d’esclave sans âme», a lancé Vladimir Poutine, après avoir dénoncé l’«hégémonisme», l’ «hypocrisie», et le «néocolonialisme» des pays occidentaux. «Les États-Unis mentent comme Goebbels», a lâché M. Poutine, accusant Washington d’appauvrir le Vieux Continent, «ce que les élites européennes comprennent très bien».

Khider Larbi

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