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La guerre au Moyen-Orient provoque la pire crise énergétique de l’Histoire : L’AIE avertit sur un « avril noir » !

La guerre au Moyen-Orient plonge l’économie mondiale dans sa pire crise énergétique de l’Histoire. C’est l’avertissement sans détour que lance Fatih Birol, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans un entretien accordé au quotidien Le Figaro publié lundi. 39 jours après le déclenchement des opérations militaires américano-israéliennes, les conséquences sur l’approvisionnement énergétique mondial se révèlent d’une gravité sans précédent. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran — voie maritime par laquelle transite une part décisive du pétrole et du gaz naturel liquéfié de la planète —, le système énergétique mondial vacille sur ses bases. 75 infrastructures énergétiques ont été attaquées et endommagées, dont plus d’un tiers gravement ou très gravement touchées. Les pays du Golfe ne produisent plus qu’un peu plus de la moitié de leur pétrole d’avant-guerre, et leurs exportations de gaz naturel sont tombées à zéro.

Fatih Birol ne mâche pas ses mots : la crise actuelle surpasse en gravité les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ainsi que la crise gazière de 2022, réunis. « Cette guerre perturbe l’une des artères de l’économie mondiale, souligne-t-il. Non seulement le pétrole et le gaz, mais aussi les engrais, les produits pétrochimiques, l’hélium. » Si le détroit d’Ormuz demeure fermé tout au long d’avril, prévient-il, les pertes en pétrole brut et produits raffinés seront deux fois supérieures à celles enregistrées en mars. « Il faut être conscient que mars a été très difficile, mais qu’avril sera bien pire. »

Face à l’urgence, une réponse collective sans précédent a été esquissée. Le G7 a décidé de débloquer quelque 400 millions de barils de stocks stratégiques sur les marchés — la plus grande libération de stocks pétroliers de l’Histoire. Une mesure que Birol qualifie de nécessaire, tout en tempérant : ces stocks ne représentent que 20 % des réserves mondiales disponibles, laissant une marge de manœuvre pour la suite. La « seule vraie solution », martèle-t-il, demeure la réouverture du détroit d’Ormuz. « Tant qu’il restera fermé, l’économie mondiale sera confrontée à de très grandes difficultés. »

Pourtant, au cœur de cette tourmente, le directeur de l’AIE refuse le pessimisme définitif. Cette crise, aussi dévastatrice soit-elle, pourrait paradoxalement accélérer la transition énergétique mondiale. 

Samira Ghrib

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