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Avec un PIB PPA à 915 milliards de dollars en 2026 : Le FMI consacre la puissance économique réelle de l’Algérie

Le Fonds monétaire international vient de publier ses dernières prévisions : le PIB algérien mesuré en parité de pouvoir d’achat atteindra 915 milliards de dollars cette année, avant de franchir le cap symbolique des 1.000 milliards dès 2029. Une trajectoire chiffrée, année par année, qui place l’Algérie au 39e rang mondial et dans le top 4 arabe et africain.

Selon les dernières données publiées par l’institution de Bretton Woods sur son site officiel, le produit intérieur brut de l’Algérie, mesuré selon le critère de la parité de pouvoir d’achat, est estimé à 915 milliards de dollars pour l’année 2026. Sur le plan mondial, ce classement positionne l’Algérie à la 39e place, gagnant une position par rapport à 2025 où elle occupait le 40e rang. À l’échelle arabe, le pays occupe le quatrième rang, et figure également parmi les quatre premières économies du continent africain, aux côtés du Nigeria, de l’Égypte et de l’Afrique du Sud. Mais c’est avant tout la trajectoire algérienne, telle que le FMI la projette année après année jusqu’en 2029, qui mérite qu’on s’y arrête avec précision.

Avant d’en mesurer les enjeux, il convient de comprendre ce que recouvre exactement cet outil de mesure qu’est la parité de pouvoir d’achat, souvent abrégée PPA. Contrairement au PIB nominal, qui se calcule en convertissant la production nationale au taux de change officiel en vigueur — et qui est donc directement exposé aux fluctuations monétaires et à la dépréciation des devises locales —, le PIB en PPA intègre les écarts de coût de la vie et de prix des biens et services entre les pays. Concrètement, il ajuste la valeur de la production nationale en fonction du niveau de vie réel des habitants, ce qui permet de comparer des économies de structures très différentes sur une base équitable. Un dinar algérien permet d’acheter, sur le marché local, bien davantage qu’un dollar sur le marché américain : la PPA tient compte de cette réalité et en déduit la capacité productive et consommatrice effective de l’économie nationale. C’est précisément pour cette raison que cet indicateur est considéré par les économistes comme le plus pertinent pour évaluer le poids réel d’une économie dans le monde, au-delà des effets de change.

C’est à la lumière de cette définition que les chiffres algériens prennent toute leur dimension. En 2026 donc, le PIB en PPA s’établit à 915 milliards de dollars. Le FMI prévoit ensuite une progression régulière et soutenue : 956 milliards de dollars en 2027, soit un bond de 41 milliards en une seule année. L’année 2028 verra ce chiffre atteindre 998 milliards de dollars, frôlant ainsi le seuil symbolique des 1.000 milliards. C’est en 2029 que ce cap historique sera officiellement franchi, avec un PIB en PPA projeté à 1.041 milliards de dollars. En quatre ans seulement, entre 2026 et 2029, l’économie algérienne aura donc progressé de 126 milliards de dollars supplémentaires en valeur réelle, soit une progression de près de 14% sur la période. Le rythme annuel moyen de cette progression, tel que le FMI le dessine, est d’environ 4 à 5%, ce qui traduit une dynamique de croissance solide et régulière, loin des soubresauts qui ont pu caractériser les économies de la région ces dernières années.

Il importe également de ne pas perdre de vue le PIB nominal, qui constitue un second éclairage indispensable pour apprécier la situation économique du pays dans sa globalité. Selon les mêmes données du FMI, ce PIB nominal algérien devrait dépasser les 285 milliards de dollars en 2026. L’écart considérable entre ce chiffre et les 915 milliards en PPA n’est pas une anomalie : il est au contraire révélateur. Il traduit le fait que l’économie algérienne génère une richesse réelle bien supérieure à ce que les seuls taux de change laissent apparaître, notamment grâce à un niveau général des prix intérieurs sensiblement plus bas que dans les économies développées de référence. Le franchissement annoncé de la barre des 1.000 milliards de dollars en PPA dès 2029 est un cap que seul un nombre très limité de pays ont atteint dans l’histoire économique récente.

Sabrina Aziouez

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