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Législatives du 2 juillet : Les partis politiques sur les starting-blocks

À moins de trois mois du scrutin législatif du 2 juillet, la machine électorale est en marche. Du RND au FLN en passant par Ennahda, le FFS, le PT et le Mouvement Ennahda, les formations politiques multiplient les réunions de cadres, installent leurs commissions stratégiques et ouvrent leurs listes aux candidatures. Une effervescence partisane qui traduit l’importance que les appareils politiques accordent à ce rendez-vous, présenté comme un moment clé du calendrier institutionnel.

C’est le Rassemblement national démocratique (RND) qui a donné le coup d’envoi le plus visible. Son secrétaire général, Mounder Bouden, a entamé une tournée dans le sud-ouest du pays, animant successivement des rencontres à Bechar puis à Naâma. À Bechar, devant les militants réunis à la maison de la culture Kadi-Mohamed, il a annoncé que son parti « a officiellement ouvert les opérations de dépôt des candidatures », précisant que cette démarche est ouverte non seulement aux militants, mais aussi à « toutes les autres compétences », sur la base de « l’expérience politique acquise sur le terrain ». Le lendemain à Naâma, le ton était à la mobilisation : Bouden a affirmé que le RND « ambitionne de laisser son empreinte sur la scène politique lors de ces échéances, à travers le choix de candidats compétents », appelant les militants à « resserrer les rangs et œuvrer pour obtenir de bons résultats ». Il a également ouvert la voie aux jeunes, les invitant à se porter candidats dans les rangs du parti.

Dans ses deux interventions, le secrétaire général du RND a inscrit les législatives dans une perspective plus large, celle des réformes engagées par la présidence. Il a qualifié ce scrutin de moyen de « renforcer le processus de réformes politiques et juridiques initiées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune », et salué le récent remaniement gouvernemental, estimant que la création d’un ministère dédié aux industries minières « reflète la volonté de l’État de renforcer sa stratégie de diversification de l’économie nationale ». Il a également cité les classements du Fonds monétaire international, qui placent l’Algérie « parmi les quatre plus grandes économies arabes et africaines », pour illustrer les effets des « réformes profondes et des politiques économiques réfléchies mises en œuvre ».

Du côté du Front de libération nationale (FLN), la démarche est plus institutionnelle. Le parti a procédé jeudi à Alger à l’installation d’une commission nationale chargée de définir sa stratégie pour le scrutin du 2 juillet. Le secrétaire général du parti, Abdelkrim Benmbarek, a précisé que « cette commission, prévue dans les statuts et le règlement intérieur du parti, a été plébiscitée par le Comité central lors de sa dernière réunion ». L’organe ainsi mis en place comprend plusieurs sous-commissions spécialisées, dont l’une est chargée de fixer les conditions de candidature sur les listes du parti, et une autre de « sensibiliser à l’importance de ces échéances électorales ». Le FLN, première force parlementaire sortante, entend ainsi structurer sa campagne bien en amont du dépôt officiel des listes.

Le Front des forces socialistes (FFS) n’est pas en reste. La direction nationale du parti a tenu vendredi matin une réunion au siège national, sous la présidence du premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, en présence des membres de l’instance collective, du conseil d’éthique et du secrétariat national. L’ordre du jour portait sur l’organisation du programme d’activités politiques et organisationnelles, ainsi que sur le suivi des préparatifs en cours pour les législatives. Le FFS, qui avait boycotté plusieurs scrutins ces dernières années, confirme ainsi son engagement dans la compétition.

La même détermination s’affiche du côté du Mouvement Ennahda. Son secrétaire général, Mohamed Douibi, a déclaré vendredi à Alger, à l’ouverture de la 7ème session ordinaire du Conseil de la choura du mouvement, que sa formation est « prête à s’engager dans la course aux législatives ». Il a appelé à adopter « une position politique claire et une vision précise » à la hauteur de l’enjeu, qualifiant le scrutin d’« étape importante », intervenant après la promulgation d’un ensemble de textes législatifs régissant la vie politique. Pour Douibi, ces élections représentent une opportunité de « consolider le processus politique et ancrer les principes d’une concurrence responsable, afin d’édifier des institutions élues fortes, reflétant la volonté des citoyens ».

Plus discret mais non moins mobilisé, le Parti des travailleurs (PT) a lancé, de son côté, un appel urgent à ses militants et sympathisants à travers tout le pays, les invitant à se rendre dans les sièges locaux du parti ou à contacter les responsables de wilaya pour retirer les formulaires de parrainage citoyen. L’objectif est de collecter suffisamment de signatures pour garantir le dépôt des listes du parti dans les délais impartis.

À moins de trois mois du scrutin, le tableau est donc celui d’une mobilisation partisane généralisée, portée à la fois par les formations de la majorité présidentielle et par les partis d’opposition.

Hocine Fadheli

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