Projet phosphate intégré et ligne minière Est : Zéro tolérance pour les retards
En trois jours de tournée dans l’Est du pays, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a adressé un message sans ambiguïté aux entreprises en charge des chantiers liés au projet du phosphate intégré (PPI) : zéro tolérance pour les retards. De l’extension du port d’Annaba à la ligne ferroviaire minière Est longue de 422 km, il a imposé une cadence de travail soutenue, une mobilisation totale des moyens et le respect strict des délais contractuels pour des infrastructures jugées stratégiques à fort impact économique. C’est par Annaba que le ministre a entamé sa tournée, mercredi soir, en compagnie du wali Abdelkrim Laâmouri. Sur les quais du port phosphatier, Djellaoui a inspecté les différentes phases du chantier d’extension, notamment les ateliers maritimes où s’activent simultanément plusieurs opérateurs. Il a exigé que les travaux se poursuivent « en système de rotation 24h/24 » et que l’ensemble des moyens humains et matériels soient mobilisés, « compte tenu de la dimension stratégique de cette infrastructure ». Sur le chantier du quai minéralier, inscrit dans le cadre du PPI, les travaux avancent sur plusieurs fronts : remblaiement rocheux en mer pour créer l’assiette foncière nécessaire, fabrication de blocs en béton et consolidation du sol par injection de ciment à haute pression. Selon les responsables du projet, près de 376 pieux métalliques ont été préparés, dont 145 déjà battus en mer sur un total de 1 322 programmés. Les opérations de dragage se poursuivent parallèlement pour atteindre les profondeurs requises au niveau de la jetée. Le projet est assuré par le groupe public Cosider, qui prend en charge les travaux de soudage, tandis qu’un partenaire chinois supervise la consolidation des sols. Les responsables ont indiqué que le rythme des travaux connaît « une accélération notable grâce au soutien et aux orientations visant à lever les entraves techniques ».
Le lendemain, jeudi, le ministre a consacré l’essentiel de ses inspections à la ligne ferroviaire minière Est, épine dorsale du dispositif d’acheminement du phosphate depuis les gisements de Djebel El Onk et de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, jusqu’au port d’Annaba. D’El Tarf à Guelma, puis de Souk Ahras à Tébessa, Djellaoui a multiplié les haltes sur les différents tronçons de ce chantier de 422 km pour évaluer l’état d’avancement des travaux. À Dréan et Chihani, le ministre a suivi la pose du ballast, le nivellement et l’installation de la voie ferrée, ainsi que les travaux portant sur les gares et les tunnels. À Boukamouza, comme en plusieurs points stratégiques du tracé, les opérations de déviation et de raccordement de l’ancienne voie à la nouvelle infrastructure progressent de manière notable. Dans la wilaya de Guelma, l’inspection a porté sur plusieurs ouvrages majeurs : tunnels, passages supérieurs et ouvrages d’art, en plus de la pose de la voie ferrée sur différents points kilométriques. Djellaoui a appelé à un renforcement immédiat des moyens et à une meilleure coordination entre les entreprises intervenantes, exigeant la remise de plans d’action précis pour respecter les délais fixés.
Dans la wilaya de Souk Ahras, accompagné du wali Abdelkrim Zinai, le ministre a inspecté jeudi soir le tronçon reliant Bouchegouf, dans la wilaya de Guelma, à Souk Ahras, soit une distance de 121 km. Il a souligné « la nécessité de veiller à la qualité de l’exécution et d’intensifier les efforts en mobilisant les moyens nécessaires pour livrer le projet dans les délais contractuels ». Il a par ailleurs salué « les capacités des entreprises de réalisation nationales, notamment dans le secteur ferroviaire », tout en exprimant sa satisfaction quant aux progrès enregistrés sur plusieurs lots. La visite a également porté sur les chantiers de la gare d’Oued Damous et les travaux de ballastage dans la commune d’Oued Keberit.
C’est à Tébessa que la tournée s’est achevée, vendredi, en présence du wali Ahmed Belhaddad et des autorités civiles et militaires. Dans une déclaration aux médias en marge des inspections, Djellaoui a mis en avant « l’importance d’accélérer la cadence des travaux et de renforcer les chantiers en moyens humains et matériels afin de réduire les délais de réalisation en vue de la réception de ce projet important ». Il a salué le « bon rythme d’avancement » des chantiers, qui progressent de manière ininterrompue « grâce à l’engagement des différents acteurs qui ont su braver la nature difficile des terrains traversés ». Le ministre a précisé que les équipes « travaillent tous les jours de la semaine en adoptant le système 3 x 8 », avant de souligner que l’essentiel de la main-d’œuvre mobilisée est « 100 % algérienne » et provient de la wilaya de Tébessa et des wilayas voisines, ce qui traduit, selon lui, « la mobilisation nationale lorsqu’il s’agit de réussir les projets structurants ». À Tébessa, le ministre a inspecté plusieurs chantiers, dont la gare ferroviaire de la commune d’El Ma Labiod — en phase de finition — ainsi que des viaducs, des tunnels, des passages supérieurs et des chantiers de terrassement. Il a insisté sur la complexité du relief et la nécessité d’intensifier les efforts « en rotation 8×3 » pour accélérer les livraisons.
Au terme de cette tournée de trois jours, le message du ministre ne souffre d’aucune équivoque : accélérer, coordonner et livrer dans les temps les infrastructures qui doivent transformer durablement le transport minier en Algérie et soutenir la dynamique économique nationale, en particulier dans les wilayas de l’Est. Si l’ensemble des indicateurs témoignent d’une progression réelle sur le terrain, la pression exercée sur les entreprises reste entière jusqu’à l’achèvement des travaux.
Sofia Chahine

