Télécommunications spatiales : L’Algérie ouvre son ciel à la concurrence
L’Algérie franchit un tournant dans sa politique de transformation numérique. Le ministère de la Poste et des Télécommunications a annoncé jeudi l’ouverture du marché à la concurrence dans les télécommunications spatiales, avec le lancement par l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE) d’un appel d’offres pour l’octroi de deux licences d’établissement et d’exploitation de réseaux publics de télécommunications par satellite. Une décision qui ouvre concrètement la porte à des opérateurs privés, nationaux ou étrangers, désireux de déployer des constellations de satellites en orbite basse pour couvrir le territoire algérien en Internet à haut débit.
Il s’agit d’une rupture significative avec le modèle historique de monopole public dans les infrastructures de télécommunications. En autorisant deux opérateurs à s’installer sur le segment des satellites en orbite non géostationnaire — la technologie utilisée notamment par des acteurs mondiaux comme Starlink — l’Algérie se dote d’un cadre réglementaire adapté aux évolutions technologiques les plus récentes, tout en cherchant à accélérer la réduction de la fracture numérique sur son vaste territoire, dont une large partie reste difficile à connecter par les infrastructures terrestres classiques.
Le communiqué du ministère est explicite sur les objectifs : il s’agit de « permettre aux opérateurs de déployer des solutions de connectivité spatiale à haut débit, offrant ainsi des services Internet à haute vitesse, particulièrement dans les zones reculées et enclavées difficiles à raccorder aux infrastructures terrestres classiques ». La mesure vise également à « diversifier l’offre de services de télécommunications électroniques, stimuler la concurrence sur le marché, consacrer l’accès équitable à Internet et soutenir le développement de solutions liées à l’Internet des objets (IoT) dédiées aux projets structurants, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie minière et des transports ».
Les enjeux sont considérables pour un pays dont la superficie dépasse 2,3 millions de kilomètres carrés. Les Hauts Plateaux, le Grand Sud et les zones de montagne peuvent souffrir d’une connectivité insuffisante qui pénalise le développement économique local, l’accès aux services publics dématérialisés et l’intégration des populations dans l’économie numérique nationale. La technologie satellitaire en orbite basse, moins coûteuse et plus réactive que les anciens systèmes géostationnaires, représente aujourd’hui la réponse la plus crédible à cette problématique.
Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a qualifié cette démarche d’« étape importante dans le renforcement de l’infrastructure numérique de l’Algérie », précisant qu’elle vise à « acheminer les services Internet à haut débit vers tout le territoire national, notamment les zones difficiles d’accès ». L’appel d’offres est désormais ouvert. Les candidats retenus seront autorisés à établir et exploiter des réseaux satellitaires ouverts au public, dans un cadre régulé par l’ARPCE, dont la mission est de garantir une concurrence saine et un accès équitable pour les utilisateurs.
Malik Meziane

