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Braquage spectaculaire de l’AGB de Guelma : Les dessous d’un coup savamment orchestré

Onze individus arrêtés, 13,7 milliards de centimes récupérés sur les 14 milliards dérobés, un ancien élu local d’Annaba identifié comme cerveau présumé de l’opération : le braquage de l’agence AGB (Gulf Bank Algérie) de Guelma, commis le 31 mars 2026, a été élucidé en moins de deux semaines par les services de sécurité appuyés par le SRLCO de Constantine, révélant les rouages d’un coup minutieusement orchestré.

Le braquage spectaculaire ayant visé l’agence AGB (Gulf Bank Algérie) de Guelma, le 31 mars 2026, continue de dévoiler ses ramifications au fil de l’enquête. En un laps de temps relativement court, les services de sécurité, appuyés par le Service régional de lutte contre le crime organisé (SRLCO) de Constantine, sont parvenus à identifier puis à interpeller l’ensemble des onze individus impliqués, qu’il s’agisse d’auteurs directs ou de complices. Présentés le 9 avril devant le tribunal de Guelma, les suspects sont désormais au cœur d’une instruction judiciaire appelée à déterminer les responsabilités exactes dans cette affaire aux multiples zones d’ombre.

Parmi les éléments les plus marquants de ce dossier figure le profil du cerveau présumé de l’opération. Selon une source sécuritaire, il s’agirait d’un ancien élu local de la wilaya d’Annaba, également cadre au sein du complexe sidérurgique de l’ex-Sider El Hadjar. Occupant, jusqu’à son arrestation, un poste à la direction de l’administration générale, plus précisément au service du transport du personnel vers le port d’Annaba, cet individu aurait joué un rôle central dans la planification et l’exécution du braquage. Il était notamment au volant du fourgon utilisé lors de l’opération — un véhicule appartenant à une entreprise privée, choisi pour ne pas éveiller les soupçons —, selon les explications fournies par la même source. Le mode opératoire, particulièrement élaboré, reposait sur une parfaite connaissance des procédures de transport de fonds. Le jour des faits, vers 9h30, un fourgon transportant quatre individus s’est présenté devant le siège de la banque, situé rue Abderrahmane Tabbouche. Deux faux agents, vêtus de tenues réglementaires, ont pénétré dans l’agence et présenté un ordre de mission falsifié exigeant le retrait de plus de 14 milliards de centimes. Pendant ce temps, le conducteur restait au volant du véhicule, tandis qu’un quatrième complice assurait la surveillance à l’entrée. Trompé par cette mise en scène crédible, un employé de la banque a remis la somme demandée sans soupçonner la supercherie, permettant au groupe de quitter les lieux en toute discrétion.

L’alerte donnée et les services de sécurité mobilisés

L’alerte a été donnée peu après par la direction régionale de l’AGB à Constantine, intriguée par l’absence prolongée du fourgon. La réaction rapide des services de sécurité a permis d’exploiter les enregistrements des caméras de surveillance et de remonter rapidement jusqu’aux auteurs présumés. Les investigations ont mis en évidence l’implication de personnes travaillant au sein d’une société de transport de fonds, un élément clé ayant facilité la conception et la mise en œuvre de ce stratagème sophistiqué, grâce à une maîtrise des procédures internes et une connaissance précise des failles du dispositif. Sur le plan des résultats, les enquêteurs ont réussi à récupérer 13,7 milliards de centimes sur un préjudice global estimé à plus de 14 milliards, et ont procédé à la saisie du matériel ayant servi à la commission du crime, à savoir quatre véhicules, dont un utilitaire, les tenues professionnelles portées lors du braquage, des cachets officiels falsifiés, des devises étrangères et un bijou en or. Les arrestations ont concerné des individus originaires de plusieurs wilayas, notamment deux suspects de Draâ Errich, dans la wilaya d’Annaba, et un autre de Dréan, dans la wilaya d’El Tarf.

Cette affaire, qui a suscité une vive émotion, met en lumière un niveau de préparation et d’organisation rarement observé dans ce type d’opération, laissant supposer l’existence de complicités internes dont l’ampleur reste à établir. Désormais entre les mains de la justice, ce dossier devrait permettre de faire toute la lumière sur les mécanismes ayant rendu possible ce braquage audacieux, tout en soulevant de sérieuses interrogations sur les dispositifs de sécurité et de contrôle au sein des circuits de transport de fonds.

Sofia Chahine

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