Économie

Bourse d’Alger : Ayrade inaugure l’ère de la tech

Ayrade est la toute première société technologique cotée à la Bourse d’Alger.

L’entreprise Ayrade, spécialisée dans l’ingénierie logicielle et les services numériques, a franchi mercredi une étape symbolique en devenant la toute première société technologique cotée à la Bourse d’Alger. Une entrée remarquée, portée par un engouement des investisseurs qui a largement dépassé les attentes des organisateurs. Sur les 1.250.000 actions mises en souscription, représentant 20 % du capital d’Ayrade pour une valeur globale de plus de 1,38 milliard de dinars, la demande a atteint 1.729.993 titres, soit un taux de souscription de 138,4 %. Signe d’un intérêt qui dépasse les cercles habituels de la capitale, l’opération a mobilisé des souscripteurs venus de 53 wilayas du pays.

Pour la directrice générale de la Société de gestion de la Bourse des valeurs (SGBV), Amel Selmoune, cette introduction dépasse le simple cadre d’une opération financière. Elle constitue, selon elle, « une étape importante dans le développement du marché financier algérien », en tant que première entreprise du secteur des technologies modernes à intégrer la cote. Mme Selmoune y voit le reflet des efforts engagés pour « diversifier les sources de financement de l’économie » et consolider le rôle de la Bourse dans la mobilisation de l’épargne nationale vers l’investissement productif. Le président de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), Youcef Bouznada, a de son côté insisté sur la portée sectorielle de l’événement. L’arrivée d’Ayrade permettra, a-t-il expliqué, « d’élargir la représentation du secteur technologique sur le marché financier », tout en renforçant son attractivité auprès des investisseurs et en dynamisant les volumes de transactions. M. Bouznada a également annoncé qu’une deuxième filiale, issue cette fois du secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, rejoindra la cote en septembre prochain, dans la continuité de l’introduction récente de CRAPC Expertise.

Du côté de l’entreprise elle-même, son PDG, Mohamed Lamine Belbachir, a tenu à souligner la performance de l’opération. Fondée en 2009, Ayrade a réussi, selon lui, à dépasser l’objectif de souscription « sans avoir à prolonger la période consacrée à l’opération », un résultat qu’il qualifie d’indicateur tangible « de la confiance des investisseurs et du soutien des institutions financières ».

Au-delà du symbole, cette introduction pose une question de fond, celle de la capacité du marché boursier algérien à devenir un véritable levier de financement pour l’économie de la connaissance, longtemps restée à l’écart des mécanismes de capital-marché. Avec l’arrivée d’Ayrade, la Bourse d’Alger compte désormais dix entreprises cotées, aux côtés d’Alliance Assurances, Biopharm, l’EHG El Aurassi, Saidal, le CPA, la BDL, AOM Invest, Moustachir et CRAPC Expertise, première entreprise issue de la recherche scientifique à entrer sur le marché financier, un cercle encore restreint, mais qui s’élargit progressivement à mesure que la place financière cherche à diversifier son tissu de valeurs cotées et à convaincre un nombre croissant d’épargnants de placer leur confiance dans l’investissement productif plutôt que dans l’épargne dormante.

Sabrina Aziouez

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *