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Malgré une natalité en baisse : L’Algérie mise sur son « dividende démographique » pour bâtir l’avenir

Avec un taux de fécondité tombé à environ 2,5 enfants par femme contre près de huit au lendemain de l’indépendance, l’Algérie a achevé sa transition démographique sans pour autant perdre son principal atout, une population encore majoritairement jeune.

C’est ce constat, présenté comme une opportunité plutôt qu’une menace, qui a dominé mercredi les travaux de la Journée mondiale de la population, organisée à Alger sous le thème « Réaliser les espoirs et les aspirations des jeunes, aujourd’hui et demain », en présence de représentants du ministère de la Santé et du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP). Lue par le secrétaire général du ministère de la Santé, Mohamed Talhi, au nom du ministre Mohamed Seddik Aït Messaoudene, l’allocution d’ouverture a situé cette rencontre comme un moment de réflexion et de mobilisation autour des enjeux démographiques et de leurs répercussions sur le développement durable. Le ministre y définit la jeunesse comme « la véritable richesse des nations et un facteur déterminant de l’innovation, du développement et de la prospérité », tout en saluant l’appui technique apporté par le bureau du FNUAP en Algérie.

À l’échelle mondiale, le ministre a pointé une baisse continue de la fécondité et un vieillissement progressif des populations, appelant les États à replacer l’humain au centre des politiques publiques, avec des garanties en matière d’éducation, d’emploi, de santé, de logement et de fondation d’une famille. Mais le cas algérien s’écarte de cette trajectoire commune. Si la fécondité a fortement chuté depuis les années 1960, le pays continue de bénéficier d’une pyramide des âges favorable, ouvrant selon lui « une réelle opportunité de valoriser son dividende démographique » à condition d’investir durablement dans le capital humain, les compétences et la participation des jeunes au développement national.

Cette évolution démographique traduit, a-t-il ajouté, des transformations sociales profondes à l’image de l’élévation du niveau d’instruction, l’urbanisation accélérée, la recomposition des modèles familiaux, l’entrée croissante des femmes dans la vie économique et amélioration générale des conditions de vie. Autant de facteurs qui, loin de remettre en cause l’avantage démographique du pays, en redessinent les contours.

Le ministre a toutefois averti que ce dividende « ne constitue pas un acquis automatique ». Sa concrétisation reste conditionnée, selon ses termes, « aux investissements consentis dans l’éducation, la santé, la formation, l’innovation, l’emploi, le logement et la participation citoyenne ». Il a rattaché cette approche aux orientations des autorités du pays, rappelant que « la Constitution consacre les potentialités de la jeunesse algérienne » et citant la création du Conseil supérieur de la jeunesse ainsi que l’élaboration de la Stratégie nationale de la jeunesse à l’horizon 2035, aux côtés de programmes dédiés à l’emploi, à l’entrepreneuriat, à la formation, à la santé et au logement. Pour lui, répondre aux attentes des jeunes générations relève d’une « responsabilité collective » mobilisant l’ensemble des secteurs, afin de garantir l’égalité des chances et d’encourager l’initiative et la citoyenneté active.

La jeunesse, « capital stratégique » à activer

Intervenant à son tour, la représentante du FNUAP en Algérie, Faiza Bendriss, a estimé que le pays traverse « une étape démographique déterminante », porteuse de larges perspectives de développement. Elle a qualifié la jeunesse algérienne de « capital stratégique de premier ordre pour l’innovation, la créativité et la croissance économique », la présentant comme le principal levier susceptible de transformer les mutations démographiques en cours en une opportunité durable, plutôt qu’en contrainte. Ce potentiel, a-t-elle précisé, repose sur des investissements ciblés dans l’éducation, la santé, le développement des compétences, la création d’emplois productifs et le renforcement de la participation économique des femmes,  sa réalisation restant suspendue aux choix de politiques publiques opérés dès aujourd’hui. S’appuyant sur une enquête mondiale du FNUAP menée auprès de plus de 5 000 jeunes de 18 à 39 ans dans 73 pays, elle a relevé que la majorité d’entre eux aspirent toujours à fonder une famille et à avoir deux enfants, un souhait dont la concrétisation dépend étroitement de l’accès à un emploi stable, à un logement et à des perspectives professionnelles crédibles. Elle a enfin insisté sur l’importance de données démographiques fiables pour anticiper les défis à venir et orienter les politiques d’éducation, d’emploi, de santé et de protection sociale.

Lyna Larbi

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