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Palestine occupée : Le nettoyage ethnique s’accélère en Cisjordanie

Le bilan de l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza s’est encore alourdi cette semaine, les autorités sanitaires palestiniennes faisant état de 73 231 martyrs et 173 686 blessés depuis le 7 octobre 2023, en majorité des femmes et des enfants. Selon ce même bilan, les corps de huit martyrs et 32 blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza en une seule journée, alors que de nombreuses victimes demeurent encore ensevelies sous les décombres, compliquant les opérations de secours. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 1 108 Palestiniens sont tombés en martyrs et 3 578 autres ont été blessés, tandis que les corps de 800 martyrs seulement ont pu être récupérés, un décompte macabre qui illustre, à lui seul, l’ampleur des destructions encore à recenser dans l’enclave assiégée. C’est dans ce contexte de saignée continue que se poursuit, à des centaines de kilomètres de là, une autre facette de la même entreprise de dépossession, celle qui vise, en Cisjordanie occupée, à vider les terres palestiniennes de leurs habitants sans qu’un seul coup de feu mortel ne soit nécessairement tiré. L’agence de presse palestinienne Wafa rapporte que les forces d’occupation sionistes ont contraint des familles palestiniennes à quitter leurs terres agricoles dans la localité d’Al-Khader, au sud de Beit Lahm.

Selon les informations recueillies par Wafa, les familles ciblées ont d’abord tenté de résister aux assauts des colons avant l’intervention de l’armée d’occupation, venue en renfort de l’opération. Sous la menace des armes, les paysans ont été contraints d’abandonner leurs parcelles, cultivées depuis des générations, sans notification préalable ni justification légale — une pratique récurrente que dénoncent depuis des années les organisations de défense des droits humains présentes sur le terrain. Al-Khader, connue pour ses vignobles et ses oliveraies, subit depuis plusieurs années une pression foncière croissante, alimentée par l’expansion de la colonie illégale de « Neve Daniel » et de l’avant-poste « Eliezer ». Des dizaines de dunums appartenant à des familles de la localité ont déjà fait l’objet, au cours des derniers mois, d’ordres de saisie, de démolitions de structures agricoles ou de destructions de cultures. Des puits d’irrigation ont été comblés de gravats, des oliviers et des ceps de vigne arrachés, dans une logique répétée visant à rendre les terres impropres à l’exploitation et à pousser leurs propriétaires au départ.

Une même logique, deux territoires

Si Ghaza s’enfonce dans le décompte funèbre d’une guerre qui continue de faire des victimes malgré un cessez-le-feu officiellement en vigueur, la Cisjordanie occupée connaît, elle, une autre forme de siège, plus silencieuse, plus diffuse, mais tout aussi systématique. Dans plusieurs districts, Ramallah, Naplouse, Hébron, Jénine, des groupes de colons, souvent armés et agissant sous la protection de l’armée d’occupation, multiplient les incursions contre les fermiers palestiniens, en particulier durant les périodes de récolte. Vols de bétail, incendies de champs, agressions physiques et destructions de véhicules figurent parmi les méthodes employées pour terroriser les populations rurales et les couper de leurs moyens de subsistance. Les organisations palestiniennes et internationales de défense des droits humains qualifient cette dynamique de politique délibérée de transfert forcé des populations palestiniennes, au profit de l’expansion continue des colonies, jugées illégales par les Nations unies au regard de la quatrième Convention de Genève, qui interdit à une puissance occupante de transférer sa population civile dans les territoires qu’elle occupe. Ces intrusions, généralement commises en toute impunité, s’accompagnent le plus souvent de la passivité, voire de la complicité active, des forces militaires présentes sur le terrain.

Malgré l’ampleur de la répression, les habitants d’Al-Khader et des localités voisines continuent d’opposer une résistance quotidienne à ces tentatives de dépossession, multipliant les initiatives pour préserver l’accès à leurs terres agricoles, symbole à la fois de leur subsistance économique et de leur attachement à leur territoire ancestral. Cette nouvelle expulsion s’ajoute ainsi à la longue liste des violations documentées en Cisjordanie occupée, tandis que les organisations palestiniennes appellent, une fois de plus, la communauté internationale à exercer une pression concrète sur l’entité sioniste pour mettre un terme à la colonisation et garantir la protection des populations civiles palestiniennes, à Ghaza comme en Cisjordanie occupée.

L.S.

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