Culture

Premier colloque national de la poésie : Hommage à Moufdi Zakaria

La première édition du colloque national de la poésie « Liqae El Qasid », s’est ouverte lundi à Alger, un rendez-vous consacré à la création poétique algérienne qui a réuni pendant deux jours des poètes, des critiques littéraires et des universitaires venus de plusieurs wilayas du pays, autour du thème « la poésie, couronne de la parole ». Organisée par l’association « Kalima » pour la culture et l’information, sous le patronage de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée nationale de la poésie, commémorée chaque année le 17 août en hommage à la tradition poétique algérienne et à ses figures fondatrices. La séance inaugurale a réuni un parterre de personnalités du monde des lettres, à commencer par le président du Haut Conseil de la langue arabe, Salah Belaïd, et le président de l’Académie algérienne de la langue arabe, Cherif Meribai. Autour d’eux, poètes, intellectuels et chercheurs se sont retrouvés pour ouvrir deux journées d’échanges consacrées à la place de la poésie dans le paysage culturel national.

Prenant la parole devant l’assistance, le président de l’association « Kalima », Ahmed Bouchikhi, a défini la poésie algérienne comme étant « la voix de la patrie et la mémoire du peuple ». Il a souligné que cette création « s’ouvre, aujourd’hui, sur les perspectives de la modernité et des nouvelles techniques, tout en préservant son authenticité et son lien avec l’identité nationale », situant ainsi la manifestation dans une réflexion plus large sur le devenir du genre poétique face aux mutations de l’époque, sans que cela ne remette en cause son ancrage dans le patrimoine national.

L’intervention de M. Bouchikhi a également été l’occasion d’un hommage appuyé à Moufdi Zakaria, dont on commémore cette année le quarante-neuvième anniversaire de la disparition. Le responsable associatif a présenté l’auteur de l’hymne national comme « un modèle de la parole sincère qui demeure immortelle », rappelant l’ampleur de l’héritage poétique que ce dernier a légué à la mémoire collective. Cette évocation a donné une tonalité particulière à la journée d’ouverture, entre célébration du présent et fidélité à une filiation littéraire que les organisateurs entendent transmettre aux jeunes générations.

Le programme de cette première journée a par ailleurs été marqué par la remise de plusieurs distinctions honorifiques à des figures ayant contribué au rayonnement de la poésie algérienne, avant que ne s’enchaînent des lectures poétiques variées, portées tant par des voix confirmées que par de jeunes talents émergents venus présenter leurs textes devant un public d’amateurs et de connaisseurs.

La seconde journée du colloque, a été consacrée à la remise du prix littéraire « Taj El Kalam », initié par l’association « Kalima » pour la culture et l’information dans la catégorie de la poésie classique, dite « Fasih ». Ce prix, selon les organisateurs, vise à encourager la création poétique dans sa forme la plus classique et à soutenir une relève capable de perpétuer cette expression littéraire, considérée comme l’un des piliers de l’identité culturelle algérienne.

Par la diversité de ses intervenants et la portée symbolique de ses hommages, cette première édition de « Liqae El Qasid » ambitionne de s’installer durablement dans le calendrier culturel national, en offrant à la poésie algérienne un espace de rencontre, de débat et de reconnaissance, à la hauteur de la place qu’elle occupe dans la mémoire et l’imaginaire collectif du pays.

R.C.

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