Réforme éducative : Les nouveaux dispositifs pédagogiques gelés, sauf ceux du primaire
Le ministère de l’Éducation nationale a mis un terme, mercredi, à plusieurs jours de confusion autour de la réforme des programmes scolaires annoncée cet été. Dans un communiqué officiel, le département de Mohamed Seghir Sadaoui a confirmé que l’ensemble des nouvelles dispositions pédagogiques décidées en juillet dernier restent gelées, à l’exception de celles concernant le cycle primaire, seules validées à ce jour par le Conseil des ministres.
Le texte du ministère intervient à cinq jours seulement de la rentrée scolaire, fixée au 21 septembre, et vise à clarifier une situation devenue confuse après la diffusion d’informations contradictoires dans la presse et sur les réseaux sociaux. Le ministère y précise noir sur blanc qu’« à l’exception des dispositions relatives à l’enseignement primaire, qui ont été approuvées par le Conseil des ministres, toutes les autres dispositions ont été suspendues en vertu d’une décision du Conseil des ministres » datée du 6 septembre 2026, et ce jusqu’à leur validation ultérieure par cette même instance. Le ministère a également tenu à rappeler qu’aucune mesure touchant le secteur de l’éducation ne saurait entrer en vigueur sans avoir, au préalable, reçu l’aval du Conseil des ministres.
Cette mise au point fait suite à l’annonce, fin juillet, d’un ensemble de changements pédagogiques qui avait suscité une vive controverse. Parmi les mesures les plus commentées figurait le remplacement du français par l’anglais comme première langue étrangère enseignée dès la troisième année du primaire, ainsi que la révision des volumes horaires et des coefficients de certaines matières au lycée, dont la philosophie. Face à la polémique, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait tranché le 6 septembre en rappelant que toute réforme structurante du secteur éducatif devait obligatoirement passer par le Conseil des ministres, appelant par la même occasion à préserver l’école de toute forme d’ingérence idéologique. Trois jours plus tard, le 9 septembre, le ministre Sadaoui avait instruit les directeurs de l’éducation de wilaya de mettre en application, sans délai, les orientations présidentielles, dans le but de tenir l’institution scolaire à l’écart de « tout courant idéologique » et de « tout conflit politique stérile », de manière à recentrer le débat sur les seules considérations pédagogiques. Le lendemain, il avait annoncé l’annulation pure et simple de sa note du 28 juillet 2026, celle-là même qui fixait les nouveaux volumes horaires et coefficients pour le secondaire et l’enseignement technique.
Restait toutefois une zone d’ombre à savoir le sort réservé à l’enseignement de l’anglais en primaire. Le communiqué de mercredi lève cette ambiguïté en confirmant, sans le formuler de façon frontale, que le basculement du français vers l’anglais dès la troisième année primaire est maintenu, puisque cette disposition a bien été entérinée par le Conseil des ministres. Le français, de son côté, ne sera introduit qu’à partir de la quatrième année, une bascule calendaire qui ne prendra pleinement effet qu’à la rentrée 2027-2028.
Pour l’heure, c’est donc l’architecture pédagogique du primaire, seule validée, qui servira de cadre à la rentrée du 21 septembre, tandis que le reste des réformes annoncées cet été demeure suspendu à un futur arbitrage du Conseil des ministres.
Lyna Larbi

