Concours de chant féminin « Urar Lkhalath » : 17 troupes au rendez-vous
Dix-sept troupes féminines s’affrontent depuis jeudi à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou dans le cadre de la quatrième édition du concours de chant populaire féminin « Urar Lkhalath », une compétition organisée par la direction de la culture et des arts pour promouvoir et préserver ce patrimoine immatériel à l’occasion des festivités du Nouvel an amazigh « Yennayer », célébré le 12 janvier et marquant l’entrée dans l’année 2976 du calendrier berbère. Cette initiative culturelle, qui s’inscrit dans un programme plus large de célébrations lancé mardi dernier et qui se poursuivra jusqu’au 13 janvier à travers les différents établissements culturels de la wilaya, témoigne de la volonté des autorités locales de valoriser les expressions artistiques traditionnelles féminines. L’audition des chorales participantes, qui a débuté jeudi après-midi dans la salle des spectacles de la maison de la culture, s’est étalée jusqu’à samedi, avant la cérémonie de remise des prix prévue ce dimanche.
Le jury chargé d’évaluer les performances des différentes troupes issues de diverses communes de la wilaya réunit des figures reconnues du paysage artistique algérien. Les artistes Karim Abranis et Malek Bachi, tous deux auteurs-compositeurs-interprètes, siègent aux côtés du musicien Lounès Mazari pour départager les candidates. La première journée de compétition a vu se succéder huit troupes devant ce jury exigeant, tandis que la seconde journée a été consacrée au passage des neuf chorales restantes.
Au-delà de la dimension compétitive, ce concours poursuit des objectifs patrimoniaux ambitieux. La direction de la culture de Tizi-Ouzou ambitionne, à travers cette manifestation annuelle, de ressusciter et de sauvegarder ce patrimoine immatériel menacé par l’oubli, tout en encourageant la création de nouvelles troupes féminines. L’initiative semble porter ses fruits puisque, selon les organisateurs, plusieurs chorales ont vu le jour depuis le lancement du concours, témoignant d’un réel engouement pour cette forme d’expression traditionnelle qui occupe une place particulière dans la culture kabyle. Le chant « Urar Lkhalath », pratiqué exclusivement par des femmes, constitue un élément essentiel du patrimoine oral de la région. Ces chants polyphoniques, traditionnellement interprétés lors de cérémonies et de festivités, transmettent de génération en génération les valeurs, l’histoire et l’identité culturelle des communautés berbères. La préservation de cette pratique artistique s’inscrit dans une démarche plus globale de sauvegarde du patrimoine immatériel algérien.
Les festivités de Yennayer à Tizi-Ouzou ne se limitent pas au concours de chant. La direction de la culture a élaboré un programme riche et varié qui permet au public de découvrir différentes facettes de la culture amazighe. Une exposition consacrée à Yennayer, à l’histoire et au patrimoine culturel algérien, animée par des institutions muséales de diverses wilayas, offre un panorama complet de cette célébration millénaire. Des ateliers de démonstration sur les rituels de Yennayer permettent aux visiteurs de s’immerger dans les traditions ancestrales, tandis que des conférences thématiques approfondissent la connaissance de cet héritage culturel.
M.S.

