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Relance de l’élevage et de la production de viandes : Tebboune exige des solutions urgentes !

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a donné dimanche des instructions fermes au gouvernement pour redresser rapidement la production nationale de viandes rouges et blanches.  Lors de la réunion périodique du Conseil des ministres, le chef de l’État a également fixé des objectifs ambitieux pour le secteur céréalier, avec un cap fixé à trois millions d’hectares cultivés, dans le cadre d’une stratégie globale visant à réduire la dépendance aux importations tout en garantissant l’approvisionnement du marché national.

La filière élevage occupe une place centrale dans les préoccupations des plus hautes autorités du pays. Le président de la République a ordonné au ministre de l’Agriculture de trouver des solutions « appropriées et urgentes » pour relancer la production de viandes rouges et blanches, de manière à répondre aux besoins du marché national, en associant les producteurs et les éleveurs, précise le communiqué du Conseil des ministres. Cette instruction témoigne de l’inquiétude des autorités face à une situation qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages algériens et grève la facture des importations en devises.

Le secteur de l’élevage traverse en effet des difficultés structurelles qui limitent sa capacité à satisfaire la demande intérieure croissante. Les prix des viandes, notamment rouges, atteignent des niveaux qui rendent ces protéines difficilement accessibles pour une large frange de la population. Cette situation résulte de multiples facteurs : insuffisance du cheptel, coûts élevés de l’alimentation animale largement importée, circuits de distribution inefficaces et manque d’organisation de la filière. Le président de la République a d’ailleurs reconnu, dans son discours devant les deux chambres du Parlement le 30 décembre dernier, les faiblesses structurelles qui affectent le secteur de l’élevage et de la production des viandes, s’engageant à travailler sur la problématique. Des faiblesses qui ont imposé le recours à l’importation pour assurer l’approvisionnement et réduire les tensions sur le marché et pousser les prix à la baisse. Dans ce sens, il est utile de rappeler que le président de la République a donné des instructions la semaine dernière pour l’importation d’un million de têtes d’ovins en prévision de l’Aïd Al-Adha et ce, pour la deuxième année consécutive. 

Dans une perspective plus large, le président Tebboune a mis en exergue la nécessité de travailler dans le secteur de l’agriculture selon la règle de la réduction des importations sans créer de pénurie sur le marché, et ce, en encourageant la création de coopératives spécialisées, notamment avec les nouvelles mesures incitatives que l’État continue d’accorder. 

La question foncière n’a pas été oubliée dans les orientations présidentielles. Partant du principe que « la terre appartient à celui qui la cultive », le président a réaffirmé « l’engagement de l’État à poursuivre la régularisation du foncier agricole au profit des intervenants et ceux activant sur le terrain, afin d’atteindre les meilleurs niveaux de production », conclut le communiqué. 

Trois millions d’hectares pour les céréales

Le secteur céréalier a également fait l’objet d’instructions détaillées lors de ce Conseil des ministres. Après avoir écouté un exposé sur la campagne labours-semailles 2025-2026, le président de la République « a fixé, comme objectif sectoriel prioritaire, l’extension de la surface agricole cultivée à trois millions d’hectares », indique le communiqué. Cet objectif marque une ambition d’accroissement significatif des superficies emblavées, la production céréalière demeurant un enjeu de souveraineté alimentaire et budgétaire pour l’Algérie.

Dans ce contexte, le présidentde la République a réaffirmé le caractère urgent de l’importation de matériel agricole destiné à la récolte, notamment pour les cultures céréalières, le maïs et le tournesol.  Après avoir suivi un exposé sur la feuille de route du secteur de l’agriculture pour 2026, le président de la République « a instruit le gouvernement de mobiliser tous les moyens et d’assurer toutes les conditions nécessaires pour augmenter les capacités de production céréalière, au vu de la volonté et de la détermination à moderniser ce secteur stratégique auquel le président de la République attache une extrême importance », précise le communiqué.

Le Président Tebboune a également ordonné la poursuite de l’organisation du secteur et le maintien, en tête des priorités, de l’objectif d’augmentation du taux de production par hectare. Cette orientation privilégie l’intensification plutôt que la seule extension des surfaces, approche plus durable et plus efficiente économiquement. Dans ce cadre, il a ordonné d’adopter les méthodes scientifiques dans toutes les étapes de la culture, selon une stratégie intégrée et avec la participation d’experts et d’ingénieurs agronomes, en tenant compte de la qualité des semences et de la spécificité de chaque région et de ses sols.  Enfin, le président a enjoint de réviser la loi d’orientation agricole, y compris les mécanismes d’organisation et de régulation de la production agricole, ouvrant ainsi la voie à une refonte du cadre juridique régissant l’ensemble du secteur.

Samir Benisid

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