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Sur fond de crise économique et sociale persistante : La colère gronde au Maroc

Sur fond de crise économique et sociale persistante, le Maroc traverse une période de tensions croissantes dans l’ensemble des secteurs. C’est dans ce contexte qu’une grève nationale des fonctionnaires de l’enseignement supérieur est prévue mardi alors que des manifestations massives de solidarité avec la Palestine qui ont mobilisé des milliers de personnes à travers le royaume, révélant l’incapacité du régime à répondre aux préoccupations profondes d’une population de plus en plus exaspérée.

Le Syndicat national marocain des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires a lancé un appel à une grève nationale pour mardi prochain, accompagnée d’un rassemblement devant le ministère de tutelle à Rabat. Cette mobilisation vise à dénoncer l’abandon par le gouvernement de ses engagements concernant le statut particulier des fonctionnaires du secteur. Le syndicat, rattaché à la Confédération démocratique du travail, a précisé samedi que le différend porte sur l’article 84 du projet de loi 59.24, récemment validé par la Commission de l’éducation, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants.

Les amendements apportés au texte ont supprimé toute référence explicite à la mise en place d’un statut spécifique pour les fonctionnaires de l’enseignement supérieur, suscitant une vive inquiétude parmi les employés du secteur. L’absence de précisions sur le contenu, le calendrier et les modalités d’élaboration de ce statut est perçue comme une manœuvre dilatoire. Le bureau national du syndicat dénonce fermement l’attitude du ministère qui esquive systématiquement la tenue de réunions avec les représentants des fonctionnaires, craignant que cette imprécision juridique n’ouvre la voie à des interprétations floues susceptibles de fragiliser davantage les droits des travailleurs.

Cette agitation dans le secteur de l’enseignement supérieur s’inscrit dans un contexte plus large de mécontentement social. Le mois dernier, la capitale Rabat a été le théâtre de plusieurs actions de protestation dénonçant le laxisme du gouvernement face aux revendications des travailleurs, témoignant d’une exaspération généralisée à l’égard d’un pouvoir jugé sourd aux difficultés quotidiennes de millions de Marocains confrontés à la montée du chômage, de la pauvreté et de la précarité.

Parallèlement, des milliers de manifestants ont défilé vendredi dans plusieurs villes du royaume pour exprimer leur colère contre la normalisation avec l’entité sioniste et réaffirmer leur solidarité avec le peuple palestinien. Répondant à l’appel de la Coordination marocaine pour le soutien aux causes de la Oumma, les protestataires se sont rassemblés à Casablanca, Mohammedia, Inezgane, Oujda, Meknès, Kelaat Sraghna et Tanger, brandissant des banderoles hostiles à la politique du Makhzen. Des slogans tels que « La Palestine est une responsabilité », « la normalisation est une trahison » ou encore « tous avec Gaza » ont résonné dans les rues, illustrant le fossé grandissant entre un régime accusé de trahir les causes arabes et une population attachée aux principes de solidarité avec les peuples opprimés.

Cette double mobilisation, sociale et politique, révèle l’ampleur du malaise qui traverse la société marocaine. Alors que des millions de citoyens peinent à joindre les deux bouts, le régime est accusé de privilégier des projets de prestige, notamment la construction de stades, au détriment de solutions concrètes aux problèmes structurels qui minent le pays. Cette stratégie de fuite en avant, fondée sur l’affichage et le clinquant, est perçue comme un mépris affiché envers les préoccupations légitimes d’une population qui aspire à la dignité, à l’emploi et à de meilleures conditions de vie, plutôt qu’à des infrastructures destinées à redorer l’image internationale du royaume sans améliorer le quotidien des Marocains ordinaires.

Lyes Saïdi

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