Le géant public Cosider s’implique dans les grands travaux ferroviaires : Miser sur le rail pour désenclaver les ressources minières
Le géant public Cosider mobilise son expertise pour relier les futurs pôles d’extraction au réseau portuaire national. Une stratégie ferroviaire au service d’une ambition : transformer les ressources du sous-sol en leviers de croissance économique.
L’Algérie accélère le déploiement de ses infrastructures ferroviaires pour accompagner l’exploitation de ses richesses minières. Lundi à Alger, Makhlouf Alenda, directeur central du groupe Cosider pour les travaux publics, a détaillé l’ampleur des chantiers en cours pris en charge en partie par l’entreprise publique. Il a ainsi évoqué la ligne ferroviaire Beni Mansour-Béjaïa, artère vitale du projet de la mine de zinc et de plomb d’Amizour, que le groupe s’engage à livrer dans les délais impartis.
Invité du Forum de la radio nationale, le responsable a souligné que le projet d’Amizour, plus grande mine de zinc et de plomb du pays, s’inscrit dans une vision globale où extraction minière et modernisation des réseaux de transport se conjuguent. « Le groupe est présent sur l’ensemble de la ligne minière orientale », a précisé le responsable de Cosider, évoquant également le chantier colossal de Gara Djebilet. Ce dernier projet mobilise le plus grand pont ferroviaire d’Algérie et d’Afrique, traversant trois wilayas et longeant les routes nationales 6 et 50, décrites comme des « artères vitales ». L’infrastructure permettra d’acheminer minerais bruts et produits transformés vers les ports d’exportation, créant ainsi une chaîne logistique intégrée du gisement au quai de chargement.
Cette stratégie ferroviaire reflète une réalité économique : sans corridors de transport efficaces, les ressources minérales restent inexploitables commercialement. La ligne minière occidentale Béchar-Tindouf-Gara Djebilet en constitue l’illustration la plus spectaculaire. Badreddine Nouioua, directeur du projet de pose des rails pour la branche travaux publics, a souligné que ce tronçon de plus de 950 kilomètres a été réalisé en seulement 24 mois, « avant les délais contractuels ». Une prouesse technique qui transforme ce qui était « un rêve en réalité concrète sur le terrain ».
Sur le segment oriental du réseau minier, Cosider pilote le tronçon Annaba-Tébessa-Bled El Hadba. Le directeur de projet a annoncé la mobilisation de « tous les moyens matériels et humains » pour achever la section Annaba-Bouchgouf, longue de 54 kilomètres, ainsi que la liaison Tébessa-mine de Bled El Hadba. « Tous les obstacles ont été levés », a-t-il assuré, fixant une échéance de livraison à fin avril 2026, soit avant la date initialement prévue.
Au-delà des rails, Cosider intervient sur les infrastructures portuaires qui doivent absorber les flux d’exportation. Le port d’Annaba, dont l’extension intègre un quai minéralier dans le cadre du projet intégré de phosphate, illustre cette approche globale. « L’agrandissement du port vise à accueillir les grands navires, ce qui nous permettra de rivaliser sur les marchés internationaux », a expliqué Makhlouf Alenda. Le responsable a également souligné que son groupe détient « toutes les certifications techniques internationales en matière de qualité, d’environnement, de santé et de sécurité des travailleurs », les mêmes que possèdent les entreprises étrangères, permettant ainsi à Cosider de « participer à des appels d’offres internationaux ».
Cette montée en puissance du secteur minier s’inscrit dans une vision politique assumée. « L’Algérie vit un développement global et durable dans le cadre d’une orientation tournée vers l’avenir », a déclaré le directeur central de Cosider. « Notre entreprise œuvre à créer de la richesse en contribuant à ces projets économiques, sociaux et stratégiques. Elle est un outil pour concrétiser les projets de l’État avec des cadres et des moyens algériens. »
Le pari repose sur une équation simple : mobiliser les ressources minérales dormantes en construisant les infrastructures qui en permettront la valorisation économique. Les chantiers ferroviaires en cours dessinent les contours d’une Algérie post-hydrocarbures, où zinc, plomb, phosphate et minerai de fer pourraient diversifier les revenus d’exportation. Samir Benisid

