L’Algérie s’impose comme un modèle d’électrification en Afrique
Dans un continent africain où près de 563 millions de personnes demeurent privées d’électricité, l’Algérie fait figure d’exception. Selon un rapport de la Commission africaine de l’énergie (AFREC), l’agence spécialisée de l’Union africaine, l’Algérie compte parmi les rares nations du continent à avoir atteint un taux de couverture électrique proche de 100%, témoignant d’une politique énergétique volontariste et d’infrastructures performantes. L’AFREC souligne que « l’Algérie a maintenu un taux de couverture de 100 % d’accès à l’énergie, malgré la croissance démographique, principalement grâce à ses infrastructures énergétiques bien établies et aux subventions publiques soutenues ». La « chaîne d’approvisionnement en énergie bien développée » et « l’engagement du gouvernement algérien ont permis aux nouveaux ménages de s’intégrer sans heurts dans les systèmes énergétiques modernes », précise le document consacré à l’objectif de développement durable numéro 7. Cette réussite ne se limite pas à l’électricité. Le pays affiche également des performances exceptionnelles en matière d’accès au gaz naturel, avec plus de 90% des besoins des ménages couverts pour la cuisson propre. Cette double excellence contraste fortement avec la situation continentale, où seulement 35% de la population africaine bénéficie de solutions de cuisson propres, laissant plus de 940 millions de personnes dépendantes de combustibles polluants aux conséquences sanitaires préoccupantes. À l’échelle de l’Afrique du Nord, l’Algérie se distingue de ses voisins grâce à « des programmes de subventions bien structurés et à un réseau de distribution performant », selon l’AFREC.
Le défi de la transition
Le rapport souligne, toutefois, que des défis persistent concernant la transition énergétique, notamment l’augmentation de la part des renouvelables et la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles. Car si l’Algérie brille par ses performances, le tableau continental demeure préoccupant. Avec un taux d’électrification de 61%, l’Afrique accuse un retard considérable, particulièrement dans les régions de l’Est, de l’Ouest et du Centre, où seuls 28% de la population ont accès à l’électricité. Les zones rurales et périurbaines concentrent l’essentiel de ce déficit énergétique. L’obstacle financier reste majeur. L’AFREC estime à 50 milliards de dollars les investissements annuels nécessaires pour atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030, auxquels s’ajoutent 4 milliards pour les modes de cuisson propres. L’agence appelle à une mobilisation accrue des investissements via des partenariats public-privé. L’expérience algérienne démontre qu’une politique publique ambitieuse, soutenue par des investissements conséquents dans les infrastructures et des mécanismes de subvention adaptés, peut permettre d’atteindre l’accès universel à l’énergie moderne, leviers essentiels du développement économique et de l’amélioration des conditions de vie des populations africaines.
Amar Malki

