Elle affiche une croissance record en 2025 : 5 entreprises en passe d’enter à la Bourse d’Alger
La place financière d’Alger entre dans une nouvelle phase de développement. Lors de la présentation du bulletin semestriel 2025 du marché financier, mardi à Alger, le président de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), Youcef Bouzenada, a annoncé que cinq entreprises nationales manifestent désormais un intérêt concret pour une introduction en Bourse, signe d’un changement d’attitude du tissu économique privé à l’égard du marché des capitaux. Parmi elles, deux sociétés — Ayrad, spécialisée dans l’informatique, et l’Institut supérieur de formation INSAG — « ont déjà vu leurs dossiers réceptionnés » par la Commission et « devraient déposer officiellement leurs dossiers d’introduction sur le marché de croissance d’ici fin février ou début mars au plus tard », a précisé M. Bouzenada. Trois autres entreprises, issues du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, « préparent actuellement leurs dossiers », a-t-il ajouté, indiquant que « la procédure nécessitera quelques mois, avec une finalisation attendue d’ici le mois de juin prochain ». Ces perspectives d’élargissement de la cote interviennent dans un contexte de performances boursières remarquables. Les chiffres dévoilés lors de la rencontre témoignent d’une accélération sans précédent de l’activité de la place : la capitalisation boursière a atteint 744,45 milliards de dinars à la fin de l’année 2025, en hausse de 42,70 % par rapport à 2024. Plus spectaculaire encore, la valeur totale des transactions sur le marché secondaire a bondi de 444 %, passant de 2,76 milliards à 15,02 milliards de dinars, tandis que le volume annuel des titres échangés a explosé de 498 %, avec 7,78 millions de titres négociés contre 1,3 million l’année précédente. Ces indicateurs, longtemps atones, traduisent un regain de profondeur et de liquidité dont la Bourse d’Alger avait cruellement besoin pour gagner en crédibilité auprès des investisseurs. Au-delà de l’élargissement de la cote, le régulateur entend structurer un écosystème de financement tourné vers l’innovation. La COSOB travaille en coordination avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique au lancement d’un fonds d’investissement exclusivement dédié aux projets innovants et aux start-up hébergées dans les incubateurs universitaires. Concrètement, « cette initiative consiste en la création d’une société de capital-risque qui agira comme un fonds de financement de fonds d’investissement thématiques », a expliqué M. Bouzenada, précisant que « l’agrément est en cours d’octroi à l’Université d’Alger 3 pour la gestion de ce fonds » et que « l’agrément officiel devrait être délivré avant la fin du mois en cours ». Ce véhicule financier constituerait une première en Algérie et viserait à créer un pont entre la recherche académique et le marché des capitaux. Pour encourager les jeunes pousses à franchir le pas de la cotation, les autorités ont mis en place un régime incitatif valable jusqu’en 2028 : les start-up labellisées réalisant des levées de fonds n’excédant pas 500 millions de dinars bénéficient d’une exonération totale des frais de visa perçus par la COSOB, des frais d’admission à la cote officielle prélevés par la Société de gestion de la Bourse des valeurs (SGBV), ainsi que des frais de conservation, de gestion et d’administration des titres facturés par Algérie Clearing. La directrice générale de la SGBV, Amal Selmoun, a souligné la portée stratégique de ces mesures. « Cette exonération permettra de soutenir le financement des entreprises dans leurs phases de croissance, tout en renforçant le rôle du marché financier dans le financement de l’économie nationale », a-t-elle déclaré, ajoutant que l’objectif de ces incitations est « d’aboutir à une économie inclusive, diversifiée et durable ».
Amar Malki

