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Un groupe de travail chargé d’élaborer le référentiel national d’intégration /Automobile : L’État fixe de nouvelles règles

Le Premier ministre Sifi Ghrieb a présidé, mardi, une réunion ministérielle consacrée à l’installation d’un groupe de travail chargé d’élaborer le référentiel national d’intégration dans l’industrie des voitures, des autobus et des motocycles, une étape décisive dans la stratégie visant à bâtir une filière automobile créatrice de valeur ajoutée et à tourner définitivement la page des expériences d’assemblage décevantes.

Selon un communiqué des Services du Premier ministre, ce référentiel constituera « le document de référence pour le calcul des taux d’intégration réalisés par les constructeurs en vue de leur permettre d’obtenir les avantages préférentiels prévus dans le cadre législatif et réglementaire régissant cette activité ». Concrètement, il s’agit de fixer les règles du jeu auxquelles devront se conformer tous les opérateurs, nationaux comme étrangers, désireux de bénéficier des incitations accordées par l’État. L’ambition affichée va bien au-delà d’un simple outil de mesure. Le communiqué précise que ce document permettra de « mettre en place un socle pour la création et le développement d’un réseau national intégré de sous-traitants spécialisés dans la fabrication des différentes pièces et composants liés à cette industrie dans le but d’augmenter progressivement le taux d’intégration nationale, ce qui contribuera à asseoir une véritable industrie automobile durable et à opérer une intégration effective dans les chaînes de valeur y afférentes ». Les retombées attendues sont également sociales et technologiques. Cette initiative contribuera, selon la même source, « à créer de nouveaux postes d’emploi durables dans diverses branches liées à cette industrie et à renforcer le transfert de technologie, en sus de développer les compétences nationales et de réduire la facture d’importation des pièces détachées et des composants ».

Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une ligne politique clairement tracée ces derniers mois par le Gouvernement. Devant l’Assemblée populaire nationale en décembre dernier, ministre de l’Industrie, Yahia Bachir avait posé une condition sine qua non aux constructeurs étrangers souhaitant s’implanter en Algérie : intégrer des sous-traitants locaux dès la conception de leurs projets. Le ministre avait alors affirmé que la réussite de l’industrie automobile dans le pays est « fondamentalement liée à l’existence d’un réseau complet et diversifié de sous-traitants qui assure l’approvisionnement continu de cette industrie », ajoutant que c’est sur « cette base » que se tiennent les négociations avec les « différents opérateurs étrangers qui ont manifesté leur volonté de s’implanter en Algérie ».

Le terrain est d’ores et déjà en mouvement. La première édition du Salon international Mechanica Algérie, qui s’est tenue à Oran il y a une dizaine de jours avec la participation de cent exposants, a illustré cette dynamique naissante. À cette occasion, le ministre Bachir a qualifié les industries mécaniques de « choix stratégique de l’État et levier essentiel du développement économique et social », réaffirmant la volonté de faire de l’Algérie non seulement un producteur pour son marché domestique, mais aussi une plateforme industrielle capable de rayonner sur le continent africain et les marchés méditerranéens. Des initiatives concrètes accompagnent cette vision : le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, Omar Rekkache, a rappelé la participation récente de l’AAPI à une rencontre organisée à Turin ayant réuni plus de 170 entreprises spécialisées dans la sous-traitance, dans le but de connecter les opérateurs algériens aux standards internationaux requis pour l’exportation. Le référentiel dont le groupe de travail vient d’être installé devra ainsi traduire en critères mesurables et opposables l’ensemble de ces ambitions industrielles.

Samir Benisid

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