Naufrage d’un méthanier russe en Méditerranée : Moscou accuse Kiev d’une attaque aux drones navals
Le naufrage d’un méthanier battant pavillon russe en Méditerranée mardi soir, après des explosions d’origine initialement indéterminée, a rapidement pris une dimension géopolitique avec les accusations portées par Moscou contre Kiev, tandis que les trente membres d’équipage ont été secourus sains et saufs. Le ministère russe des Transports a formellement accusé l’Ukraine d’avoir coulé l’Arctic Metagaz, navire transportant du gaz naturel liquéfié, au moyen de drones navals sans équipage. Selon Moscou, l’attaque « a été lancée depuis les côtes libyennes au moyen de vedettes sans équipage appartenant à l’Ukraine ». Les autorités russes ont qualifié cet incident d' »acte de terrorisme international et de piraterie maritime », durcissant ainsi le ton dans un conflit qui déborde désormais largement au-delà des frontières terrestres entre les deux pays. Les autorités ukrainiennes n’ont pas réagi dans l’immédiat à ces accusations. Toutefois, Kiev a déjà revendiqué par le passé des opérations similaires visant des navires russes en Méditerranée. En décembre dernier, l’Ukraine avait ainsi annoncé avoir frappé pour la première fois un pétrolier de ce qu’elle qualifie de « flotte fantôme » russe dans cette zone maritime. Une source au sein des services de sécurité ukrainiens avait alors indiqué que des drones aériens avaient été utilisés pour cette opération menée à quelque deux mille kilomètres de l’Ukraine, sans préciser le point de départ exact de l’attaque. L’incident s’est produit mardi soir lorsque l’Arctic Metagaz, chargé de gaz naturel liquéfié et en route depuis le port russe arctique de Mourmansk vers Port-Saïd en Égypte, a émis un appel de détresse. L’Autorité libyenne des ports et du transport maritime a rapporté que le navire avait subi des « explosions soudaines » d’origine inconnue, suivies d’un « énorme incendie ayant conduit à son naufrage complet ». L’épave repose désormais à environ cent trente milles nautiques au nord du port libyen de Syrte. Les trente membres d’équipage du méthanier ont tous été secourus. Les forces armées maltaises ont confirmé mardi soir que « les survivants ont été localisés dans la zone de recherche et de sauvetage libyenne à bord d’un canot de sauvetage ». Cette issue heureuse sur le plan humain n’efface cependant pas les préoccupations sécuritaires et environnementales soulevées par l’incident.
L’Autorité libyenne des ports a mis en garde les autres navires contre toute approche du site du naufrage, invoquant des risques multiples de collision avec l’épave ainsi que de potentielles fuites de gaz naturel liquéfié ou de carburant provenant des réservoirs du méthanier. Elle a appelé à « la plus grande prudence » pour éviter tout risque d’incendie ou de pollution marine dans cette zone de trafic maritime intense. La Compagnie nationale de pétrole libyenne s’est néanmoins voulue rassurante en affirmant que l’incident n’avait « aucun impact sur l’approvisionnement en pétrole et en gaz » en Libye ni sur les opérations de distribution de carburant sur le marché local. Elle a également précisé que le trafic des navires-citernes dans les ports libyens se poursuivait normalement.
R.I.

