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Sécurité alimentaire : L’Algérie, une forteresse de résilience en Afrique

Dans un monde secoué par les crises climatiques, les turbulences géopolitiques et l’inflation des denrées, l’Algérie s’impose comme le pays africain doté du système alimentaire le plus résilient, selon l’Indice des systèmes alimentaires résilients (RFSI) publié par le think thank britannique Economist Impact.

À l’heure où la sécurité alimentaire s’affirme comme l’un des enjeux géostratégiques majeurs du XXIe siècle, le rapport de l’Economist Impact vient livrer une photographie sans complaisance de la capacité des nations à nourrir leurs populations face aux chocs. Sur les soixante pays évalués à travers le monde, l’Algérie décroche la 32e place mondiale avec un score de 64,66 points, ce qui « en fait le système alimentaire le plus solide du continent africain ». Ce résultat, loin d’être anodin, traduit la capacité du pays « à garantir à sa population un accès relativement stable à une alimentation suffisante, abordable et nutritive », dans un contexte international où rien n’est acquis. Ce classement ne repose pas sur des impressions, mais sur une méthodologie rigoureuse. L’indice RFSI s’appuie sur « 71 indicateurs quantitatifs et qualitatifs issus de sources internationales reconnues, notamment la Banque mondiale, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le World Resources Institute ». Réalisé par « des experts et professeurs relevant de prestigieuses universités dont Johns Hopkins University aux États-Unis », il constitue un baromètre de référence dont les conclusions pèsent dans les cercles décisionnels internationaux.

Sur l’échiquier continental, l’Algérie devance l’Afrique du Sud, classée 38e mondiale avec 62,65 points, et l’Égypte, 39e avec 62,18 points. Ces trois nations sont « les seuls pays du continent à atteindre un niveau de résilience considéré comme relativement satisfaisant, avec des scores compris entre 60 et 70 points ». Autrement dit, sur un continent de 54 États, seuls trois franchissent le seuil d’une résilience alimentaire jugée acceptable. Le constat est saisissant et pose avec acuité la question de la souveraineté alimentaire africaine, alors que le continent abrite une part croissante de la population mondiale.

Dans le monde arabe, l’Algérie confirme son rang en se hissant à la troisième place, derrière le Qatar et l’Arabie saoudite, deux monarchies pétrolières dont les moyens financiers colossaux leur permettent d’importer massivement et d’investir dans des technologies agricoles de pointe. La performance algérienne n’en apparaît que plus remarquable au regard de contraintes budgétaires et géographiques autrement plus lourdes. L’enjeu dépasse cependant la seule fierté du classement. Le rapport met en lumière un « écart mondial important de résilience, atteignant plus de 40 points entre les systèmes les plus robustes et les plus fragiles ». Tandis que le Portugal trône au sommet du palmarès avec 76,83 points, « grâce à une agriculture diversifiée, une forte intégration des marchés et des politiques publiques favorisant l’accès à une alimentation saine », les systèmes alimentaires les plus vulnérables « se concentrent principalement en Afrique subsaharienne ». Ce fossé abyssal dessine la géographie d’un monde à deux vitesses où des centaines de millions de personnes restent à la merci d’une mauvaise récolte, d’un conflit armé ou d’une flambée des cours mondiaux.

Pour l’Algérie, cette reconnaissance internationale constitue à la fois un encouragement et une responsabilité. Encouragement, car elle valide les politiques de régulation des marchés, de subvention des produits de base et d’investissement dans les infrastructures agricoles. Responsabilité, car une 32e place mondiale signifie aussi qu’une marge de progression substantielle demeure. Dans un pays encore fortement dépendant des importations céréalières, la résilience mesurée aujourd’hui devra se consolider demain face à des défis climatiques appelés à s’intensifier et à une démographie soutenue. Le classement d’Economist Impact n’est donc pas un point d’arrivée, mais un point d’étape sur le chemin, long et exigeant, de la véritable souveraineté alimentaire. Un défi dont les plus hautes autorités du pays ont la pleine conscience. C’est dans ce sens que de vaste programmes d’investissements agricoles dans la céréaliculture et les cultures stratégiques dans le cadre de partenariats avec des géants des technologies agroalimentaires, et du développement de l’agriculture saharienne avec un objectif : la pleine souveraineté alimentaire.

Sabrina Aziouez

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