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Mahrez, Madjer, Belloumi consacrés dans le onze de légende du football arabe

Ils ont porté le même maillot vert, rêvé des mêmes victoires, et leurs noms résonnent aujourd’hui encore dans la mémoire collective du football arabe.

Riyad Mahrez, Rabah Madjer et Lakhdar Belloumi ont été sélectionnés dans le onze type des meilleurs joueurs arabes de l’histoire du football, selon un classement publié par le réseau mondial DAZN, spécialisé dans l’histoire et la culture du football, et relayé par le quotidien sportif saoudien Sport. Deux générations, un même fil conducteur : l’excellence algérienne.

Trois Algériens sur onze. Le chiffre parle de lui-même. Dans ce onze de légende composé des plus grandes figures arabes ayant marqué le ballon rond, l’Algérie place un attaquant et deux milieux de terrain, occupant à elle seule une part considérable d’un panthéon qui embrasse pourtant des décennies de football et des dizaines de nations arabes. Une domination symbolique qui n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une longue histoire de talent, de rigueur et de passion transmise de génération en génération.

La génération dorée des années 1980

Avant d’évoquer le présent, il faut revenir aux sources. Et les sources, pour le football algérien, portent deux noms indissociables : Rabah Madjer et Lakhdar Belloumi. Ces deux-là ne sont pas les représentants de deux époques distinctes — ils sont les deux visages d’une même époque glorieuse, celle qui a fait trembler l’Allemagne à Gijón et fait rêver tout un continent. Coéquipiers en sélection nationale tout au long des années 1980, ils ont ensemble forgé la légende des Fennecs sur les terrains d’Espagne, d’Afrique et d’Europe.

C’est Lakhdar Belloumi qui en était le chef d’orchestre, le meneur de jeu d’une intelligence et d’une élégance rares pour son époque. Élu meilleur footballeur africain en 1981, il possédait cette vision du jeu et cette capacité à accélérer le tempo qui distinguent les très grands joueurs des bons joueurs. Son heure de gloire mondiale reste gravée dans les annales : le 16 juin 1982, à Gijón, lors du Mondial espagnol, l’Algérie inflige à la puissante République fédérale d’Allemagne une défaite retentissante 2-1, l’une des plus grandes sensations de l’histoire des Coupes du monde. Belloumi y est étincelant, démontrant au monde entier que le football africain a définitivement franchi un cap. Une image, un match, une carrière : l’icône est née.

À ses côtés sur ce terrain et dans ce vestiaire, Rabah Madjer incarne lui aussi une forme de génie footballistique, mais d’une autre nature — plus spectaculaire, plus électrique, capable du geste imprévu qui bascule une histoire. Le monde entier retient de lui cette talonnnade d’anthologie, le 27 octobre 1987, en finale de la Coupe des clubs champions européens à Vienne. Face au Bayern Munich, dans le Prater autrichien, Madjer reprend un centre de l’extérieur du pied droit du talon, trompe le gardien adverse et offre l’égalisation au FC Porto, avant de délivrer la passe décisive pour le but vainqueur de Juary. Le club portugais remporte son premier titre européen, et Madjer entre définitivement dans la légende planétaire du football. Un joueur africain, formé en Algérie, auteur du geste technique le plus discuté d’une finale de Coupe d’Europe — le symbole est fort. En sélection, les deux complices partagent également le sacre de la Coupe d’Afrique des nations 1990, organisée en Algérie, devant un peuple en liesse. Deux légendes, une même génération, un palmarès qui force le respect.

Mahrez, l’étendard d’une nouvelle ère

Trois décennies plus tard, c’est un autre Algérien qui porte le flambeau sur les plus grandes scènes mondiales. Riyad Mahrez, retenu en pointe de l’attaque de ce onze mythique, a construit une trajectoire qui s’inscrit naturellement dans la continuité de ces illustres aînés, tout en appartenant pleinement à son époque. Parti de rien — ou presque, puisqu’il a débuté sa carrière professionnelle dans les divisions inférieures françaises à Quimper — le natif de Sarcelles a gravi les échelons avec une régularité et une détermination qui forcent l’admiration. C’est sous le maillot de Manchester City qu’il a véritablement gravé son nom dans le marbre du football mondial. Avec les Citizens de Pep Guardiola, Mahrez a tout gagné ou presque : plusieurs titres de Premier League, des Coupes d’Angleterre, et surtout la Ligue des champions en 2023, couronnement suprême du football européen de clubs, lors d’une finale remportée face à l’Inter Milan à Istanbul. Capitaine de l’équipe nationale, il reste également l’une des figures centrales du sacre continental obtenu lors de la Coupe d’Afrique des nations 2019 au Caire, en Égypte — un titre qui a mis fin à 29 ans de disette pour le football algérien et déclenché des scènes de liesse populaire d’une intensité rare. Aujourd’hui installé en Arabie Saoudite sous les couleurs d’Al-Ahly, il continue de rayonner, ambassadeur d’un football élégant et efficace qui transcende les frontières.

L’Algérie, nation phare du football arabe

La présence simultanée de ces trois monuments dans ce onze de légende dit quelque chose d’essentiel sur la place du football algérien dans l’histoire du sport arabe. Sur un demi-siècle de football, et à travers deux générations bien distinctes, l’Algérie a su produire des joueurs capables de s’imposer aux plus hauts niveaux, de marquer de leur empreinte les compétitions continentales et mondiales, et d’incarner avec éclat ce que le génie arabe du football peut offrir de meilleur au reste du monde. Belloumi et Madjer ont ouvert la voie dans les années 1980, portés par une équipe nationale qui faisait trembler les grandes nations. Mahrez a prolongé cette tradition d’excellence à l’ère de la mondialisation du football, dans les stades les plus prestigieux d’Europe. Trois noms, deux générations, une seule couleur : le vert des Fennecs.

Moncef Dahleb

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