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Le ministère des Affaires étrangères convoque le chargé d’affaires de l’ambassade de France : L’avertissement ferme d’Alger

Le ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines a convoqué jeudi le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger pour protester « dans les termes les plus fermes » contre le renouvellement, la veille, de la détention provisoire d’un agent consulaire algérien incarcéré depuis avril 2025 — une décision qu’Alger juge contraire au droit international et qui menace de torpiller une normalisation bilatérale à peine amorcée. Le communiqué du MAE est sans ambiguïté sur la gravité de l’acte posé. « Cette convocation a eu pour objet d’élever, dans les termes les plus fermes, une protestation contre le renouvellement, hier, pour une durée supplémentaire d’une année, de la détention provisoire d’un agent consulaire algérien », indique le département d’Ahmed Attaf. Le diplomate français s’est ainsi vu signifier la position algérienne en termes qui ne laissent guère de place à l’interprétation.

La Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963 confère aux fonctionnaires consulaires une protection spécifique : ils ne peuvent être placés en détention provisoire que dans des cas de crime grave et sur décision de l’autorité judiciaire compétente. Alger estime que la France foule ce principe aux pieds. « L’attention du diplomate français a été fermement appelée sur le fait que l’agent consulaire algérien faisait déjà l’objet d’une détention provisoire d’une année et ce, depuis le mois d’avril 2025, en dépit de son statut protégé au titre de la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963 », rappelle le communiqué. Un an de détention provisoire, renouvelé pour une année supplémentaire : aux yeux d’Alger, c’est une violation caractérisée du droit diplomatique international.

Ce qui a aggravé la tension, c’est ce qu’a révélé la première visite consulaire accordée à l’agent détenu, le 17 mars dernier — soit près d’un an après son incarcération. Les conditions de détention scandaleuses. Le MAE a fait part au chargé d’affaires français de sa « très vive réprobation quant au traitement inqualifiable que subit l’agent consulaire algérien depuis son incarcération et qu’a permis de révéler la première visite consulaire autorisée dont il a bénéficié le 17 mars courant ». « Il a été notifié au chargé d’affaires français le fait que cette décision difficilement justifiable ou recevable aura inévitablement des conséquences sur le cours normal des relations algéro-françaises », tranche la diplomatie algérienne. Le mot « inévitablement » sonne comme un ultimatum diplomatique : Paris est prévenu, et Alger ne laisse aucune marge d’ambiguïté.

Le timing de ce nouvel incident est d’autant plus cinglant qu’elle intervient au moment où les deux pays semblaient vouloir tourner la page de plusieurs mois de brouille. À la mi-février, le ministre français de l’Intérieur Laurent Nunez avait effectué une visite à Alger, ouvrant la voie à une reprise de la coopération sécuritaire et migratoire. Mardi encore, son homologue aux Affaires étrangères Jean-Noël Barrot se félicitait de « résultats positifs », après un entretien téléphonique tenu le 15 mars avec Ahmed Attaf. Ce dégel, laborieusement négocié, est aujourd’hui directement menacé par une décision judiciaire française qu’Alger refuse d’accepter.

Chokri Hafed

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