À la UneÉconomie

Hausse des prix de la viande rouge : Les coûts de production pointés du doigt

Le prix de la viande rouge n’est pas une question de pénurie de bétail. C’est ce qu’a affirmé Yacine El-Mahdi Oualid, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, lors de la cérémonie célébrant le 60e anniversaire de l’Institut national algérien de la recherche agronomique (INRAA), à Harrach, tenue mercredi. Devant les responsables du secteur et le ministre de l’Enseignement supérieur Kamel Baddari, le ministre a mis les pieds dans le plat : le problème, c’est le coût de production. Et ce coût-là, il est trop élevé. Sa démonstration est simple, presque brutale. «La viande importée revient moins cher que celle produite localement», a-t-il dit, laissant la salle digérer l’incongruité. Un pays qui élève ses propres bêtes, sur son propre sol, et qui les paie plus cher que celles venues de l’étranger — il y a là quelque chose qui ne tourne pas rond. La réponse du ministre : la science. Plus précisément, des études scientifiques sur l’alimentation animale pour réduire ce que coûte réellement l’élevage, et «passer à une production moderne fondée sur la science plutôt que sur des méthodes traditionnelles».

Le ton de la cérémonie était d’ailleurs tout entier placé sous ce signe : l’INRAA fête ses soixante ans, mais surtout, il doit se tourner vers ce qui reste à faire.  Le ministre a rappelé que le rendement céréalier du pays n’a pas dépassé 15 quintaux à l’hectare depuis l’indépendance. Quinze quintaux. Pour un pays dont la sécurité alimentaire dépend en partie du blé, c’est un chiffre qui illustre à lui seul l’ampleur du retard. Le ministre a plaidé pour l’amélioration des semences, leur adaptation aux spécificités régionales, l’utilisation raisonnée des engrais et l’extension des techniques d’irrigation modernes. Une opération nationale d’analyse des sols est par ailleurs en cours, conduite en coordination avec le ministère de l’Enseignement supérieur, pour cartographier précisément les besoins en fertilisants de chaque zone agricole.

Sur la filière avicole, le diagnostic est différent mais le problème de fond reste le même : la dépendance. La filière «repose presque entièrement sur des ressources génétiques importées», a relevé Oualid, qui a appelé à développer des races locales à haut rendement pour alléger la facture d’importation et préserver les réserves en devises. La filière laitière, elle, est dans une situation comparable : malgré des résultats encourageants dans les programmes d’insémination artificielle, l’Algérie continue d’importer massivement de la poudre de lait. Oualid a insisté sur la nécessité de mener des études prospectives sur les races locales, qui présentent des capacités productives et immunitaires «considérables» selon lui, pour réduire progressivement cette dépendance.

Le ministre a également annoncé la concrétisation prochaine d’un projet de banque nationale de gènes, accompagnée de campagnes d’inventaire sur l’ensemble du territoire pour recenser les variétés végétales et animales. Un chantier présenté comme une «colonne vertébrale» de la souveraineté alimentaire, aujourd’hui comme pour les générations à venir.

Du côté de l’Enseignement supérieur, Kamel Baddari a annoncé le lancement cette année de 100 doctorats dans les domaines de la production animale et agricole. Son ministère, a-t-il précisé, encourage les recherches agricoles qui contribuent directement à la sécurité alimentaire nationale.

Lyna Larbi

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *