Économie

Développement de l’aquaculture : Cap sur l’autosuffisance en intrants

Plusieurs projets industriels destinés à la production locale d’aliments pour poissons et crevettes d’élevage sont en cours de lancement en Algérie, dans le cadre du plan d’action sectoriel 2026. Le directeur général de la pêche et de l’aquaculture au ministère de l’Agriculture, Miloud Triaa, a détaillé ces initiatives à l’APS, en insistant sur la volonté de réduire la dépendance aux importations. Le dossier le plus avancé concerne la relance de l’usine de Ouargla, placée sous tutelle de l’Office national des aliments du bétail (ONAB). Fruit d’un programme de coopération avec la Corée du Sud, cette unité spécialisée dans les aliments pour poissons et crevettes d’élevage est «actuellement en phase d’essais», selon M. Triaa, et devrait prochainement alimenter les fermes marines en produits adaptés à leurs besoins spécifiques. Du côté privé, une unité baptisée AviFish, implantée dans la wilaya de Bouira, a déjà franchi le cap de la commercialisation. Elle fournit d’ores et déjà des aliments aux aquaculteurs marins, signe que le secteur ne se limite plus aux seules initiatives publiques. Sur le front des alevins, «un projet est actuellement à l’étude avec un partenaire chinois», a précisé le responsable, dans le cadre d’un investissement visant à sécuriser l’approvisionnement national. Ces développements interviennent dans un contexte de croissance soutenue de la production. Le secteur prévoit de doubler ses volumes en 2026 par rapport à 2025. L’an dernier, quelque «50 millions d’alevins ont été ensemencés», en hausse de 66 % sur un an. La wilaya de Chlef s’impose désormais comme le premier bassin d’aquaculture marine du pays. Le parc compte aujourd’hui «28 fermes marines en production», avec des capacités allant de quatre à quarante cages par exploitation, et une dynamique d’extension en cours à travers l’ouverture de nouvelles zones.

L’assainissement du secteur suit le même rythme. Des concessions maritimes attribuées depuis plusieurs années mais jamais exploitées ont été retirées. «Plusieurs dossiers ont déjà été traités et d’autres sont en cours d’examen», a indiqué M. Triaa. En parallèle, des investisseurs actifs ayant formulé des demandes d’extension pourraient se voir attribuer de nouvelles concessions.

Reste la question du financement, souvent identifiée comme le frein principal à l’investissement dans la filière. Sur ce point, M. Triaa a évoqué la nécessité de doter les professionnels de la pêche de mécanismes similaires à ceux dont bénéficient les agriculteurs, notamment des crédits sans intérêts. «Un nouveau mécanisme de financement est actuellement à l’étude afin d’encourager l’investissement dans ce secteur stratégique», a-t-il conclu, sans préciser l’échéance.

Chokri Hafed

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