Tebboune aux travailleurs : L’État ne lâchera pas sur le social
À la veille du 1er mai, le président de la République a réaffirmé avec force l’engagement de l’État à défendre le pouvoir d’achat des Algériens et à combattre la spéculation, tout en dressant le bilan d’une politique sociale qu’il présente comme l’une des plus généreuses de la région.
Dans un message adressé jeudi aux travailleurs algériens à l’occasion de la Journée internationale du travail, Abdelmadjid Tebboune a fait de la protection sociale le fil conducteur d’une allocution à la fois commémorative et programmatique. Le chef de l’État n’a pas seulement rendu hommage aux figures historiques du mouvement syndical algérien — au premier rang desquels le chahid Aïssat Idir et le martyr Abdelhak Benhamouda — il a aussi adressé un message sans équivoque au gouvernement : la vigilance contre les abus du marché n’est pas une option. «L’État continue d’assumer la charge des transferts sociaux et de soutenir les produits de large consommation», a affirmé le président, avant de sommer l’exécutif «à la vigilance, à la fermeté et à la mobilisation des mécanismes juridiques et réglementaires de lutte contre la spéculation, les fluctuations injustifiées des prix et la rareté provoquée, qui pèsent sur les familles». Une formulation qui sonne comme un avertissement direct à ceux qui profitent des tensions sur les marchés pour alourdir le quotidien des ménages.
Ce rappel à l’ordre intervient dans un contexte où la question du pouvoir d’achat reste sensible, malgré une série de revalorisations engagées depuis 2022. Tebboune a tenu à en dresser l’inventaire : augmentations successives des salaires, création d’une allocation chômage, d’une allocation pour la femme au foyer et d’une autre pour les personnes aux besoins spécifiques, revalorisation de la bourse universitaire, prolongation du congé de maternité, hausse du Salaire national minimum garanti (SNMG) et des pensions de retraite, et exonération fiscale pour les bas revenus. Un catalogue de mesures dont le président revendique la cohérence et l’ambition, affirmant que l’Algérie figure désormais «parmi les États assurant la meilleure couverture et protection sociale».
Mais le message du chef de l’État ne se réduit pas à un bilan comptable. Il porte aussi une vision du travail comme fondement de la citoyenneté. «Le cadre institutionnel que nous avons établi fait des travailleuses et des travailleurs le principal levier de l’activité économique, à travers l’investissement dans le capital humain et dans les compétences nationales, qui tracent cette nouvelle voie», a-t-il écrit, soulignant que ce sont ces mêmes compétences qui ont «supervisé avec engagement et détermination et réalisé avec professionnalisme de grands projets structurants» dans des secteurs aussi variés que l’énergie, les mines, l’eau, l’agriculture ou encore les start-up et l’entrepreneuriat.
Le président cite en exemple la ligne ferroviaire minière Ouest, déjà opérationnelle, ainsi que le projet de phosphate intégré, celui de zinc-plomb d’Oued Amizour, le réseau ferroviaire en expansion et les stations de dessalement de l’eau de mer en cours de réalisation ou programmées. Des chantiers présentés comme autant de preuves que l’Algérie a su dépasser «les contraintes des débuts» — en référence à la situation qu’il décrit comme une «économie au bord de l’effondrement» et un «climat social tendu et incertain» hérités de la période précédant son accession à la présidence en 2019.
Cette dimension économique est indissociable, dans le discours présidentiel, d’une promesse politique : «réaffirmer l’engagement de l’État à protéger rigoureusement les droits des travailleuses, des travailleurs et des retraités, et à préserver leur dignité.» Tebboune rappelle aux responsables à tous les niveaux «l’obligation de veiller à la quiétude de la famille algérienne, à même d’assurer à ses filles et à ses fils un environnement propice au développement durable, dans un pays ouvert et productif, qui valorise l’effort et considère le travail comme l’essence même de la citoyenneté.» En clôture d’un message qui mêle célébration et injonction, le président de la République a également rendu hommage aux retraités, appelant à «consacrer la culture de la reconnaissance» à leur égard. Un geste symbolique qui s’adresse à une génération qui a porté l’Algérie «lors d’une période sanglante» face au terrorisme, et dont la dignité, dit-il, reste une responsabilité d’État.
Amar Malki

