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Houssam Zaki : «La vision de Tebboune est le socle de la réforme de la Ligue arabe»

Le secrétaire général adjoint de la Ligue des États arabes a salué le rôle de l’Algérie au Conseil de sécurité et placé la vision réformatrice du président Tebboune au cœur du chantier de modernisation de l’organisation panarabe, tout en dressant un tableau sombre des crises régionales en suspens. Invité de l’émission Noktat Irtikaz sur la chaîne AL24, l’ambassadeur Houssam Zaki a rendu un hommage appuyé à la diplomatie algérienne pour son passage au Conseil de sécurité des Nations unies, qui s’est achevé dans un contexte particulièrement éprouvant. «Nous ne l’évaluons pas, mais nous disons qu’elle était au rendez-vous et que sa performance était de haut niveau, et nous la félicitons pour cela», a-t-il déclaré, rappelant qu’Alger y représentait simultanément l’Union africaine et le Groupe arabe pendant deux années marquées en grande partie par la guerre à Ghaza et «une explosion totale de la situation dans la région». Sur la question de la réforme institutionnelle de la Ligue arabe, Houssam Zaki a été explicite : l’Algérie en est l’un des moteurs les plus déterminés. «C’est une vision présentée par Son Excellence le président Abdelmadjid Tebboune lors du sommet de 2022, soumise aux États membres et ayant fait l’objet d’une décision de principe», a-t-il rappelé. Ce chantier est aujourd’hui entre les mains de commissions et groupes de travail placés sous l’autorité du sommet, avec pour objectif de «parvenir à des conclusions qui seront adoptées lors d’un prochain sommet arabe». Le secrétaire général adjoint a tempéré les attentes sur le rythme : «Ces questions prennent beaucoup de temps, parfois des années», avant d’être formalisées en résolutions appliquées par le Secrétariat général.

Sur le dossier brûlant du détroit d’Ormuz, Zaki a rappelé la position constante de la Ligue, ancrée dans le droit international de la mer en vigueur depuis les années 1980 : «Le passage par les détroits comme celui d’Ormuz ne s’effectue pas selon des droits de péage payés à quelque partie que ce soit, le passage est libre et aucun navire ne doit en supporter le coût. Nous réclamons l’application de ce droit à Ormuz, comme à tout autre détroit.» Concernant les arrangements sécuritaires régionaux, il a plaidé pour qu’ils soient «convenus entre Arabes en premier lieu» et bénéficient d’une «compréhension arabe commune», tout en reconnaissant qu’il s’agit d’une prérogative souveraine de chaque État.

Sur Ghaza, le diplomate a salué la transformation du plan de paix américain en «plan international approuvé par le Conseil de sécurité», tout en reconnaissant que «la deuxième phase du plan se heurte à des difficultés des deux côtés». «Nous espérons tous que les étapes de mise en œuvre atteindront un point sur lequel tout le monde s’accordera», a-t-il dit, avant d’ajouter avec gravité : «Malheureusement, ce sont les civils de Ghaza qui en paient le prix jusqu’à présent.» Sur le Liban, il a pointé le nœud du problème avec franchise : «Le Hezbollah au Liban ne soumet pas ses décisions aux déterminants libanais internes, mais à des calculs plus larges liés à l’Iran et à la guerre qui lui est faite.» Une réalité qui rend toute «solution nationale» quasiment impossible à court terme, a-t-il concédé.

Quant à la Somalie, Zaki a été catégorique : «Notre position arabe est très solide et cohérente. Nous ne pourrons jamais reconnaître une partie de cet État qui en aurait été séparée — le Somaliland. Cela n’arrivera pas.»

Salim Amokrane

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