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Face aux tensions géopolitiques : L’Algérie s’appuie sur trois piliers de résilience

Le Général d’Armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, a livré mardi, depuis le siège du commandement de la 3e Région militaire à Béchar, une lecture précise et structurée de la situation mondiale et de la position de l’Algérie face à ses turbulences. Devant les cadres et les personnels de la région, il a identifié les trois facteurs qui permettent au pays de tenir debout dans un monde qui vacille : la résilience économique portée par de grands projets structurants, la cohésion du front intérieur, et la préparation permanente des forces armées. Un message de fond, prononcé dans un contexte géopolitique que le chef d’état-major n’a pas hésité à qualifier d’inédit.

Le chef d’état-major a pris la parole pour dresser, avec une clarté méthodique, un état des lieux du monde et de la place qu’y occupe l’Algérie. Le diagnostic est sans ambages. « Le monde est aujourd’hui confronté à un contexte d’instabilité géopolitique aiguë, qui engendre des conséquences économiques préoccupantes pour la plupart des pays, notamment en raison de la perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales », a-t-il affirmé. Et d’ajouter que « l’inflation et la récession sont désormais les signes prédominants dans un paysage économique mondial inédit, de par son ampleur et sa portée géopolitique ». Le tableau est sombre à l’échelle planétaire. Mais l’Algérie ne s’y dissout pas.

Le Général d’Armée Chanegriha a, dans ce sens, relevé que « malgré ces troubles, l’Algérie demeure résiliente face à leurs effets dévastateurs, grâce à trois éléments clés ».

La force des grands chantiers

Le premier pilier de cette résistance est d’ordre économique. Le Général d’Armée Chanegriha l’a formulé avec précision : il s’agit de « la résilience économique, qui se renforce par les grands projets réalisés, à l’instar du projet de voie ferrée reliant Béchar et Gara Djebilet à Tindouf ». Le choix de cet exemple n’est pas fortuit. Annoncé depuis des années, ce chantier ferroviaire, qui traversera des centaines de kilomètres de désert pour relier le Sud-Ouest algérien aux gisements de fer parmi les plus importants au monde, incarne aux yeux du chef d’état-major une vision bien plus large qu’une simple infrastructure de transport.

« Loin de constituer de simples investissements conjoncturels, ces réalisations contribueront à façonner un modèle de développement capable d’absorber les chocs, de conférer une immunité économique nationale et de contribuer à la montée stratégique de notre pays », a-t-il souligné. L’expression est forte : « immunité économique nationale ». Elle traduit une conception de la souveraineté qui passe par la capacité du pays à résister aux secousses extérieures grâce à la solidité de ses fondations internes.

L’unité, rempart contre les complots

Le deuxième facteur de résilience identifié par le Général d’Armée Chanegriha touche au tissu social du pays. Il a mis en avant « la cohésion sociale et l’unité de notre front intérieur », un capital en progression constante. Cette cohésion, a-t-il précisé, « se consolide davantage, grâce à la prise de conscience croissante de notre peuple dans toute sa diversité, ainsi qu’à l’engagement de nos élites nationales, qui comprennent parfaitement les motivations et les enjeux des complots visant à perturber le processus de développement multidimensionnel que notre pays a entrepris ces dernières années ».

Ce que le chef d’état-major souligne ici, c’est que la meilleure parade à ces manœuvres n’est pas seulement sécuritaire : elle est sociale et intellectuelle. Elle repose sur la capacité du peuple et de ses élites à lire lucidement les intentions hostiles et à leur opposer une unité sans faille. En d’autres termes, la conscience collective est un instrument de défense nationale à part entière.

L’armée, pierre angulaire

Le troisième pilier est celui sur lequel le chef d’état-major s’est le plus appesanti, et pour cause : c’est celui qui relève directement de ses attributions. Il a défini « la préparation et la vigilance permanentes de nos forces armées » comme « la pierre angulaire de cette résilience et de cette force stratégique unique ». Mais il a immédiatement élargi le rôle de l’institution militaire au-delà de sa mission première. « Ces forces ne se limitent pas à assurer la sécurité de notre territoire national, mais contribuent également à la promotion de l’image d’un État fort et sûr dans un environnement instable », a-t-il affirmé. Cette image, selon lui, produit des effets tangibles sur la scène internationale. La preuve en est, a-t-il dit, dans « la confiance croissante de nos partenaires étrangers, comme en témoignent les visites fréquentes des hauts responsables militaires et politiques des différents pays amis, plaçant notre pays au premier plan de l’agenda des acteurs régionaux et internationaux ». L’argument est significatif : la crédibilité militaire d’un État se mesure aussi à l’intensité de ses relations avec ses partenaires. Une armée bien préparée, dans cette lecture, n’est pas seulement un outil de défense, elle est un vecteur de rayonnement diplomatique.

En conclusion de son allocution, le Général d’Armée Chanegriha a tenu à replacer cette dynamique d’ensemble dans son cadre institutionnel. L’ensemble de ces réalisations et de cette trajectoire ascendante, a-t-il insisté, est « portée par les efforts des hommes loyaux au sein de toutes les institutions de l’État, sous la conduite éclairée de Monsieur Abdelmadjid Tebboune, président de la République, Chef Suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale ». Et d’affirmer que « cette dynamique ascendante des réalisations n’est pas seulement le bilan d’un pan important de l’histoire contemporaine de notre pays, mais représente également un investissement stratégique dans la résilience globale, garante d’une présence active dans un monde en pleine transformation ».

L’expression « résilience globale » mérite d’être relevée. Elle dépasse la simple résistance aux crises pour désigner une capacité active à s’inscrire dans les transformations du monde, non pas comme spectateur subi, mais comme acteur qui choisit sa trajectoire. C’est, in fine, le message central délivré à Béchar : l’Algérie ne subit pas le désordre mondial, elle s’y prépare, elle s’y ancre, et elle entend y peser.

Hocine Fadheli

admin

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