Championnat d’Afrique Open de para-powerlifting : L’Algérie finit troisième avec 78 médailles
Le rideau est tombé dimanche sur le Championnat d’Afrique Open de para-powerlifting, à la salle omnisports du complexe olympique Miloud-Hadefi d’Oran. L’Algérie repart avec 78 médailles — 20 en or, 35 en argent et 23 en bronze — et une qualification pour les Jeux paralympiques de Los Angeles 2028 en poche. Un bilan que le sélectionneur national Mohamed Salah-Eddine Benatta n’hésite pas à qualifier d’« historique ».
Troisième au classement général derrière l’Égypte (84 médailles dont 47 en or) et le Nigeria (49 médailles dont 32 en or), l’Algérie a pourtant largement dépassé ses propres ambitions. « L’objectif initial était de décrocher 20 médailles », a reconnu Benatta lors d’une déclaration à l’APS depuis la salle omnisports. Les athlètes en ont ramené près de quatre fois ce chiffre. Le dernier acte, une épreuve Open par équipes disputée dimanche face à l’Irak, a permis d’ajouter une ultime médaille d’argent au bilan final, comme pour finir en beauté une semaine de compétition dense.
Betir file vers Los Angeles
La nouvelle la plus marquante de ce championnat porte un nom : Hocine Betir. Le para-athlète algérien a décroché sa qualification pour les Jeux paralympiques de Los Angeles 2028 après avoir soulevé 200 kilogrammes lors de la compétition — une performance réussie alors qu’il concourait dans la catégorie des 72 kg, une division au-dessus de sa catégorie habituelle des 65 kg. Un détail qui dit beaucoup sur l’état de forme du champion.
Dans une déclaration à l’APS, Betir a décrit le niveau de la compétition comme « élevé », notamment en raison de la présence de nations références dans la discipline telles que l’Irak, la Jordanie, l’Iran et l’Égypte. Pour lui, ce type de confrontation a une valeur qui dépasse le simple palmarès : « Le contact avec ces écoles sportives permet à l’élite nationale, y compris les jeunes en progression, d’acquérir davantage d’expérience et de découvrir le véritable niveau international. » Il a également salué l’organisation et l’arbitrage, qu’il a qualifiés de niveau « international », ainsi que les infrastructures du complexe Miloud-Hadefi, estimant que l’Algérie avait une nouvelle fois prouvé sa capacité à accueillir de grandes manifestations sportives. Son souhait pour la suite ? Voir le pays organiser un championnat du monde d’haltérophilie. Côté objectifs personnels, le para-athlète est clair : « Je vais me concentrer sur une préparation optimale, en évitant les blessures, pour atteindre le meilleur niveau possible et viser des podiums. »
Il n’est pas le seul à surveiller. Sabrine Moussaoui (45 kg) et trois jeunes athlètes sont également proches d’obtenir leur billet paralympique, à mesure qu’ils accumulent des points au classement mondial. Le sélectionneur Benatta a insisté sur l’apport de cette génération montante, saluant des haltérophiles qui ont « réussi la majorité de leurs tentatives de levée sans erreurs notables » — une constance technique qui, à ce niveau, ne s’improvise pas.
Une équipe qui mêle expérience et jeunesse
La sélection algérienne avait engagé 27 athlètes pour ce championnat — 17 hommes et 10 femmes — dans une composition volontairement mixte entre cadres confirmés et talents en devenir. Aux côtés de Betir, des noms comme Redouane Sedjrari et Chams-Eddine Boudraa ont contribué à l’effort collectif, dans un groupe où l’addition des générations a clairement fonctionné. L’adjoint du sélectionneur, Habib Belhaou, a tenu à remettre ce bilan en perspective : « Les résultats obtenus sont très honorables, d’autant plus que nous avons décroché des médailles devant des champions paralympiques. » Une précision qui compte. Ce n’est pas un championnat régional disputé entre équipes de second rang — 151 athlètes issus de 15 pays africains, mais aussi d’Iran, d’Irak, de Bahreïn, du Kazakhstan et de Grèce étaient au départ. La concurrence était réelle. Au-delà du palmarès immédiat, cet Open avait un enjeu moins visible mais tout aussi important : les points engrangés alimentent le classement mondial et conditionnent les qualifications pour le Championnat du monde de Bahreïn en décembre prochain — lui-même premier filtre sérieux avant Los Angeles 2028. L’Algérie a su transformer ce rendez-vous continental en tremplin. Le calendrier sera chargé : après Bahreïn, les Mondiaux du Mexique fin 2027 constitueront la dernière grande étape avant les Jeux. La préparation commence maintenant.
M. Dahleb

