La création d’une autorité portuaire sur la table du Gouvernement : Vers la refonte de la gestion des ports
Le Gouvernement a entamé, mercredi, l’examen d’un cadre juridique portant création d’une autorité portuaire nationale, chargée des missions de service public de développement, d’entretien, de gestion et de conservation du domaine portuaire, lors d’une réunion présidée par le Premier ministre Sifi Ghrieb, consacrée également à la mécanisation agricole et à la formation des jeunes.
Réunis mercredi sous la présidence de M. Ghrieb, les membres du Gouvernement ont examiné trois dossiers structurants : la gouvernance des ports, la mécanisation de l’agriculture et le déploiement du programme de formation « Sanaa ». Selon le communiqué des services du Premier ministre, ces travaux s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre des hautes instructions du Président de la République, engagé depuis plusieurs mois dans une refonte des secteurs jugés stratégiques pour l’économie nationale.
Autorité portuaire : mettre fin à la dispersion des compétences
Le texte examiné vise à doter le pays d’une structure unique chargée d’assurer «les missions de service public de développement, d’entretien, de gestion, de préservation et de conservation du domaine public portuaire», selon les termes du communiqué officiel. Cette initiative intervient dans un contexte de modernisation des infrastructures portuaires, dans l’objectif de renforcer leur efficacité logistique et réduire les temps de rade des navires avec le passage des l’ensemble des ports commerciaux du pays en mode de fonctionnement en 24/24 et 7 jours/7. Le renforcement de la gouvernance portuaire s’accompagne par ailleurs d’un chantier de modernisation des infrastructures, avec le lancement d’opérations de dragage confiées à une entité mixte algéro-chinoise associant le Groupement de travaux maritimes et China Harbour Engineering Company, ainsi que la montée en puissance programmée du port d’Annaba, appelé à devenir une plateforme d’exportation minière. La création d’une autorité portuaire nationale unique s’inscrit dans cette dynamique de consolidation, en vue de clarifier les responsabilités entre les différents intervenants du secteur et d’accompagner la diversification des exportations hors hydrocarbures.
Mécanisation agricole : un conseil national pour piloter la stratégie
Le Gouvernement a par ailleurs examiné un projet de décret exécutif portant création du Conseil national de la mécanisation agricole, dont les missions, l’organisation et le fonctionnement ont été précisés. Ce texte, «conformément aux directives du Président de la République», vise à instituer un cadre national de gouvernance chargé de définir, coordonner et suivre la mise en œuvre de la stratégie nationale de mécanisation agricole, dans l’objectif de «développer le machinisme agricole dans notre pays, de moderniser les exploitations agricoles, d’améliorer leur productivité et de contribuer à la consolidation de la souveraineté alimentaire nationale», précise le communiqué.
Cette mesure fait suite à plusieurs annonces récentes du secteur agricole. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche avait présenté en février une stratégie nationale articulée notamment autour de l’extension des surfaces cultivées, du développement des semences locales et du renforcement du machinisme, l’agriculture représentant environ 15% du produit intérieur brut national. Une réunion de travail présidée par le chef de l’État en janvier avait également acté la création prochaine de coopératives spécialisées dans la location de matériel agricole, destinées à faciliter l’accès des exploitants aux équipements modernes. Le futur Conseil national de la mécanisation agricole devrait ainsi centraliser le pilotage de ces initiatives, dans un secteur où l’insuffisance de l’équipement demeure identifiée comme un frein majeur aux rendements céréaliers et à la réduction de la facture d’importation alimentaire.
Le Gouvernement a enfin entendu une communication sur le programme «Sanaa», dispositif opérationnel de formation des jeunes visant à leur fournir les compétences professionnelles requises sur le marché du travail. Ce programme «a pour objectif d’initier les jeunes à divers métiers et de développer leurs aptitudes professionnelles et techniques, à travers des formations, un mentorat et un accompagnement», selon le communiqué, qui précise que les horaires de formation sont désormais «étendus aux soirs et aux week-ends» afin de permettre à toutes les catégories sociales d’en bénéficier. Cette initiative «répond aux besoins croissants de l’économie nationale en main-d’œuvre qualifiée» et «appuie les politiques publiques favorisant la création de richesse et d’emplois, ainsi que l’encouragement de l’entrepreneuriat chez les jeunes», conclut le texte des services du Premier ministre.
Samir Benisid

