Ils ont été construits mais ne sont pas exploités : Vers l’ouverture de 256 marchés de proximité
Construits, livrés, mais cadenassés depuis des mois ou des années : 256 marchés de proximité attendent d’accueillir leurs premiers clients. Le ministère du Commerce intérieur vient d’annoncer le lancement prochain des préparatifs pour leur mise en service effective, une décision qui, si elle se concrétise selon le calendrier annoncé, changerait concrètement le quotidien de millions de consommateurs algériens.
C’est Ahmed Mokrani, directeur général de la régulation et de l’approvisionnement du marché, qui a levé le voile sur cette feuille de route lundi matin, lors de son passage au forum de la Radio algérienne. Le responsable a été direct : son ministère a identifié 256 structures commerciales «déjà réalisées mais non exploitées», prêtes à fonctionner sans travaux supplémentaires. Des réunions de coordination seront lancées après Aïd El-Adha pour organiser leur ouverture progressive, selon un calendrier qui reste à préciser.
Ces marchés seront principalement dédiés aux fruits et légumes, segment où la désorganisation de la distribution pèse lourdement sur les prix. La logique défendue par Mokrani est double. D’un côté, il s’agit de rentabiliser des infrastructures financées par l’État et qui dorment inutilement. De l’autre, d’absorber une partie du commerce informel en lui offrant un cadre légal. «La mise en service de ces marchés permettra d’exploiter les infrastructures réalisées par l’État et d’intégrer les activités commerciales informelles», a-t-il déclaré.
La démarche ne s’arrête pas aux 256 marchés immédiatement opérationnels. La feuille de route du ministère prévoit également la réhabilitation de 370 marchés supplémentaires répartis dans plusieurs wilayas, un chantier mené en coordination avec le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. À cela s’ajoute la relance des marchés hebdomadaires traditionnels, qui ont largement reculé ces dernières décennies, et le développement des marchés saisonniers. Mokrani a cité en exemple le marché du raisin de Boumerdès, lancé l’an dernier, comme modèle d’organisation à reproduire.
Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics multiplient les plans de rationalisation des circuits de distribution, sans toujours parvenir à les traduire en actes durables. La différence affichée cette fois, c’est l’existence d’infrastructures déjà construites : il ne s’agit pas de promettre de bâtir, mais d’ouvrir ce qui existe déjà.
Lyna Larbi

