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Plusieurs nouveautés pour la rentrée 2026-2027 : L’université bascule dans l’ère de l’IA

Les nouveaux bacheliers de la session 2026 pourront déposer leurs vœux d’orientation universitaire à partir du 15 juillet, a annoncé mardi à Alger le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, lors d’une conférence de presse consacrée au contenu de la circulaire ministérielle n°01 relative à l’orientation et à l’inscription des titulaires du baccalauréat, ainsi qu’à la rentrée universitaire 2026-2027.

Mais au-delà de cette échéance calendaire désormais fixée, c’est une véritable mutation numérique du secteur que le ministre est venu présenter. « Cette circulaire a été entièrement numérisée afin d’assurer une orientation intelligente des étudiants, à travers une plateforme interactive dédiée à cet effet », a déclaré M. Baddari, précisant que l’ensemble des opérations d’inscription, pédagogiques ou liées aux services universitaires « s’effectueront exclusivement en ligne, à compter du 15 juillet, via les plateformes numériques dédiées, accessibles aussi bien sur ordinateur que sur smartphone, sans le besoin de se déplacer ». Fait marquant de cette nouvelle circulaire, un grand modèle de langage, autrement dit une intelligence artificielle conversationnelle, sera intégré à la plateforme numérique d’orientation afin de répondre aux interrogations des étudiants 24 heures sur 24, en complément du recours aux techniques d’exploration de données destinées à affiner le processus d’orientation. Le nombre de vœux proposés aux nouveaux bacheliers a par ailleurs été porté de 10 à 12 choix, tandis qu’une application spécifique sera lancée pour permettre aux étudiants de calculer eux-mêmes leur « moyenne pondérée », conformément aux critères d’orientation universitaire.

13 nouvelles spécialistes

Cette révolution numérique s’accompagne d’un renouvellement substantiel de l’offre de formation, taillée sur mesure pour les métiers de demain. Treize nouvelles spécialités ont ainsi vu le jour, à l’image d’un cursus d’ingénieur d’État en intelligence artificielle, destiné à former 30 000 spécialistes à l’horizon 2030, d’un master intégré en technologies quantiques, d’un master en interopérabilité des systèmes d’information, ou encore d’un master en mécanique des systèmes spatiaux. Une ambition qui traduit la volonté du secteur de positionner l’université algérienne sur les segments technologiques les plus stratégiques de la décennie à venir. Le domaine de la santé n’est pas en reste. En coordination avec le ministère de la Santé, de nouvelles filières ont été ouvertes, dont une licence en santé et hygiène bucco-dentaires, ainsi que des masters en conseil génétique, en intelligence artificielle médicale, en bio-informatique médicale et en addictologie. Une filière de pharmacie a par ailleurs été créée à l’Université de Saïda, le master en anesthésie a été habilité, et un diplôme de post-graduation spécialisée en médecine de précision a vu le jour. Sept annexes de médecine accèdent au rang de facultés, portant à 21 le nombre total de facultés de médecine à travers le pays, un maillage qui traduit la volonté des pouvoirs publics de rapprocher la formation médicale des besoins régionaux.

Sur le plan identitaire, la prochaine rentrée sera également marquée par le lancement d’une formation en sciences de l’information et de la communication en langue amazighe, spécialité audiovisuel, tandis que les modules « Histoire de l’Algérie » et « Citoyenneté et nationalisme » seront généralisés à l’ensemble des domaines de formation. Le secteur ne tourne pas pour autant le dos à l’ouverture internationale, avec l’adoption de six nouvelles offres de formation dans le cadre d’accords de jumelage et de partenariats avec des établissements étrangers. Autres mesures annoncées par le ministre, l’inscription de 35 000 nouveaux étudiants dans les Écoles normales supérieures sous contrat de travail direct, l’introduction du module « Lean Start-up » dans les programmes pédagogiques, ainsi que l’intégration des établissements d’enseignement supérieur relevant du ministère de la Culture et des Arts dans le système d’information numérique Progress, confirmant la logique d’unification des outils de gestion à l’échelle du secteur.

Des avancées significatives

M. Baddari a par ailleurs dressé le bilan de l’année universitaire écoulée, marquée selon lui par plusieurs avancées significatives, à commencer par la mise en place du Cadre national de certification et de qualification en ligne. Le ministre a également mis en avant un jalon inédit dans l’histoire de l’enseignement supérieur national, avec la sortie de la toute première promotion d’étudiants ayant accompli l’intégralité de leur cursus universitaire sans aucun support papier, aux côtés de la première promotion de l’École nationale supérieure de mathématiques et de celle de l’École nationale supérieure d’intelligence artificielle.

À travers cet ensemble de mesures, le secteur de l’Enseignement supérieur entend ainsi conjuguer simplification des démarches administratives, ouverture de nouvelles perspectives de formation et ancrage de l’identité nationale, dans la perspective d’une rentrée 2026-2027 présentée comme une étape charnière dans la modernisation de l’université algérienne.

Lyna Larbi

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