Les experts évaluent le processus électoral : Une étape charnière vers la maturité démocratique et l’édification institutionnelle
Les élections législatives du 2 juillet 2026 ont marqué une étape charnière dans le parachèvement de l’édifice institutionnel national et traduit une pratique démocratique parvenue à maturité, selon des experts en droit et en sciences politiques interrogés par l’APS, qui relèvent une transformation qualitative de la composition parlementaire, désormais portée par une élite universitaire renouvelée et une pluralité politique élargie à 23 formations représentées à l’Assemblée populaire nationale. Cette consultation électorale s’inscrit dans la continuité des réformes engagées ces dernières années pour consolider les fondements institutionnels du pays et renforcer la représentativité de ses instances élues, dans un contexte régional et international marqué par de profondes recompositions géopolitiques. Le directeur de l’Ecole nationale supérieure des sciences politiques (ENSSP), Zakaria Wahbi, considère que la nouvelle Assemblée « incarne une mutation qualitative dans la pratique démocratique, où la diversité des courants politiques représentés permettra d’enrichir le débat législatif et de contrôle ». Il souligne que cette pluralité, conjuguant le poids des partis traditionnels et l’efficacité des nouvelles élites, constitue « un indicateur de la vitalité de la compétition politique, à même de contribuer à dynamiser le contrôle et à mettre en œuvre les projets nationaux ambitieux ». Selon lui, cette dynamique trouve sa source dans les réformes législatives récentes, en particulier l’article 200 de la loi organique relative au régime électoral, qui « a instauré des critères rigoureux d’intégrité, favorisant ainsi l’accès d’une élite de compétences universitaires au Parlement ». Cette transition constitue, précise M. Wahbi, « la pierre angulaire de l’édification des institutions d’un Etat fort et intégré », l’objectif recherché à travers ces réformes étant de « consacrer des traditions démocratiques et des pratiques électorales transparentes, permettant au citoyen algérien de choisir ses représentants en toute liberté ». Il s’agit ainsi, ajoute-t-il, de garantir « la transmission de la voix du peuple et la défense de ses aspirations, à travers des institutions élues qui exercent leurs missions avec responsabilité, confiance et loyauté ».
De son côté, le professeur en sciences politiques et relations internationales à l’Université d’Alger 3, Driss Attia, estime que ce scrutin « a réussi à consolider la stabilité institutionnelle, tout en garantissant le renouvellement des élites qui constituent une soupape de sécurité face aux transformations géopolitiques régionales et internationales ». Il met en avant la qualité de la composition de la nouvelle Assemblée, marquée par « des jeunes compétences et des expériences politiques, créant ainsi une complémentarité des connaissances qui offre à l’institution législative une grande capacité à traiter les dossiers complexes avec un haut niveau de technicité ». Cette diversité, selon lui, devrait favoriser l’émergence de consensus nationaux propices à un débat objectif servant l’intérêt supérieur du pays, tout en renforçant la coordination avec le pouvoir exécutif. L’analyste politique Abdelkader Soufi estime pour sa part que ce rendez-vous électoral « a reconstitué la scène politique, en permettant aux partis et aux alliances de retrouver leur place traditionnelle au premier rang de l’action parlementaire », ce qui devrait donner un nouvel élan à ces formations en vue de renforcer une action politique organisée. Enfin, l’expert en droit constitutionnel Moussa Boudhane insiste sur la nécessité, pour les nouveaux élus, de garantir « la sécurité juridique » en assurant « des textes législatifs clairs et sans équivoque ». Il estime que « la pratique démocratique fondée sur le principe de la séparation souple des pouvoirs exige un contrôle parlementaire efficace et une performance de qualité consolidant la transparence et la moralisation de la vie publique ».
Ces analyses convergentes situent ainsi la nouvelle législature dans une trajectoire de renforcement institutionnel, appelée à conjuguer expertise technique, pluralisme politique et exigence de transparence, dans la perspective de consolider l’Etat de droit et de répondre aux attentes des citoyens.
Massinissa Raïs

