Cisjordanie, Ghaza : L’occupation avance, le bilan s’alourdit
Les colons ont encore frappé à Turmus Ayya. Lundi, plusieurs caravanes et structures préfabriquées ont été installées sur des terres appartenant à des familles palestiniennes dans cette localité du nord-est de Ramallah, selon l’agence de presse palestinienne Wafa. Ce n’est pas une surprise : un mois plus tôt, les mêmes colons étaient déjà venus préparer le terrain, procédant à des opérations de nivellement pour faciliter l’implantation des structures. Le scénario est rodé, méthodique, et il se répète. Wafa décrit une localité sous pression constante. « La localité de Turmus Ayya connaît une recrudescence des attaques de colons ces derniers mois, avec des tentatives répétées d’appropriation de terres agricoles et d’extension d’avant-postes pastoraux dans les environs », rapporte l’agence. Des habitants témoignent : des engins appartenant à des colons ont retourné de vastes superficies dans la plaine de Turmus Ayya et arraché des centaines d’oliviers au cours des derniers mois. Ces destructions se sont accompagnées de l’ouverture de nouvelles routes, tracées pour relier les avant-postes entre eux et accélérer l’emprise sur les terres palestiniennes. La colonisation ne s’improvise pas. Elle se planifie, se construit et s’étend, pièce par pièce, caravane après caravane.
Pendant ce temps, les arrestations continuent. Le Bureau d’information des prisonniers a signalé lundi l’arrestation de 17 Palestiniens en 24 heures en Cisjordanie occupée. Les raids ont touché les gouvernorats de Jénine, El Khalil, Ramallah, El Bira et Naplouse. Ce chiffre s’ajoute à un total déjà écrasant : plus de 9 400 Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons de l’occupation, selon le même Bureau. Des hommes, des femmes, des jeunes, arrachés à leurs familles au fil de nuits de descentes militaires dans des villes et des camps qui connaissent ce rituel depuis des décennies.
À Ghaza, le bilan de l’agression génocidaire poursuit son ascension. Les autorités sanitaires palestiniennes ont annoncé lundi un nouveau chiffre : 72 941 martyrs et 172 967 blessés depuis le début de l’offensive le 7 octobre 2023. Au cours des dernières vingt-quatre heures, deux corps ont été transférés vers les hôpitaux, accompagnés de quarante blessés. Les autorités précisent que de nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres — des morts que les équipes de secours n’ont pas encore pu atteindre, faute de moyens, faute d’accès, faute de cessez-le-feu réel sur le terrain.
Car la trêve du 11 octobre n’a pas mis fin aux pertes humaines. Depuis son entrée en vigueur, 932 Palestiniens sont tombés en martyrs, 2 859 autres ont été blessés, et les corps de 781 martyrs ont été récupérés. Un cessez-le-feu qui n’a pas arrêté la mort, seulement ralenti le comptage.
L.S.

