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Visite de Saïd Sayoud à Paris : Le début du dégel

Saïd Sayoud, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, a été reçu lundi place Beauvau à Paris par son homologue français Laurent Nunez pour une visite de travail portant sur la sécurité, la lutte contre la criminalité organisée et les questions migratoires. 

C’est la première fois qu’un responsable algérien de ce rang se rend à Paris depuis la crise diplomatique ouverte à l’été 2024, et le déplacement intervient après que trois ministres français se sont succédé à Alger en l’espace de quatre mois.

La crise avait éclaté en juillet 2024, lorsque le président Emmanuel Macron reconnaissait la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Alger avait rappelé son ambassadeur avec effet immédiat. Le ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines avait dénoncé, dans un communiqué, « un pas qu’aucun autre gouvernement français avant lui n’avait cru devoir franchir ». Les mois suivants avaient encore alourdi le dossier :  blocage des réadmissions de ressortissants algériens sous OQTF, expulsions réciproques de diplomates au printemps 2025.

Depuis le début de l’année, Paris s’est résolu à faire le chemin inverse après plusieurs mois de provocations qui n’avaient au final mené qu’à l’enlisement de la crise. En février 2026, Laurent Nunez était le premier ministre de l’Intérieur français à se rendre à Alger depuis 2022 ; il avait rencontré Sayoud puis reçu, dans un second temps, en audience par le président de la République Abdelmadjid Tebboune. Les deux parties avaient affiché leur volonté de reprendre les mécanismes de travail communs, centrés sur la sécurité et les questions migratoires. Début mai, la ministre française déléguée aux Armées Alice Rufo effectuait à son tour le déplacement. Le 18 mai, Gérald Darmanin, ministre de la Justice se rendait à Alger pour acter « après deux années d’interruption totale » la reprise formelle de la coopération judiciaire, concluant la visite avec la nécessité, disait-il, de « renouer la confiance ».

La visite de Sayoud à Paris clôt ce cycle. L’invitation avait été formulée par Nunez lors de son passage à Alger en février. Une visite qui s’inscrit dans un contexte où la reprise du dialogue se construit, côté algérien, sur une base de respect mutuel et de non-ingérence. Et des questions importantes demeurent ouvertes. Accompagné d’une importante délégation, M. Sayoud avait été accueilli à son arrivée à l’aéroport par Nunez lui-même. Cette visite acte peut-être le début du dégel, mais elle doit aussi réaffirmer les conditions d’Alger pour la normalisation.

Hocine Fadheli

admin

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