Avec son dixième sacre : Le MC Alger reçoit le bouclier de champion d’Algérie 2025-2026
Le MC Alger a reçu, vendredi soir au stade Ali Amar de Douéra, le bouclier de champion d’Algérie pour la saison 2025-2026, à l’issue de sa victoire contre l’ASO Chlef (2-0) en clôture de la 30e et dernière journée de Ligue 1 Mobilis, consacrant un troisième titre consécutif et un dixième sacre national pour le « Doyen » du football algérien, a-t-on constaté lors de la cérémonie protocolaire organisée à l’issue de la rencontre. C’est le capitaine Ayoub Abdellaoui qui a reçu le trophée des mains du ministre des Sports, Walid Sadi, et du conseiller du président de la République chargé de la Direction générale de la communication, Kamel Sidi-Saïd, sous les acclamations d’un public en liesse réuni spécialement pour ce dernier acte d’une saison que le club algérois a dominée de bout en bout. La direction du club avait tenu à convier plusieurs anciens joueurs, toutes générations confondues, pour partager ce moment avec le groupe actuel, dans un geste qui dit quelque chose de la conscience historique que le Mouloudia entretient avec son propre passé.
Les chiffres de la saison parlent d’eux-mêmes. Vingt victoires, cinq nuls, cinq défaites : le MCA a traversé l’exercice avec la régularité d’un leader qui n’t su jamais douter. Quarante et un buts marqués — deuxième meilleure attaque du championnat — pour seulement dix-huit encaissés, meilleure défense de la compétition. Une efficacité des deux côtés du terrain qui explique pourquoi le club s’est installé en tête du classement dès les premières journées sans jamais être inquiété jusqu’au coup de sifflet final de cette dernière journée. Le titre, cette saison, n’a jamais réellement été en suspens. Il s’agissait surtout de le confirmer avec les honneurs.
Ce dixième titre permet au Mouloudia d’égaler le CR Belouizdad au palmarès de la Ligue 1, les deux clubs se retrouvant désormais à quatre longueurs de la JS Kabylie, recordman des sacres nationaux avec quatorze titres. Pour le MCA, c’est aussi la confirmation d’une hégémonie construite sur trois saisons consécutives, une série qui commence à ressembler à une ère de domination plutôt qu’à une simple passe de réussite.
La saison n’aura pas été sans zones d’ombre. Le Mouloudia a connu une grosse désillusion en Ligue des Champions africaine, éliminé dès la phase de groupes sans avoir pu exprimer son potentiel sur la scène continentale. En Coupe d’Algérie, l’aventure s’est arrêtée en quarts de finale, sanctionnée par une défaite contre le CR Belouizdad aux prolongations (3-2), dans ce qui restera comme le match le plus cruel de l’exercice. Mais en championnat, rien ni personne n’a pu entamer la sérénité d’un groupe qui a su préserver l’essentiel.
Quand Alger a embrasé le ciel en rouge
Ce dixième titre a en tout état de cause donné lieu à des célébrations devenues virales. La nuit du sacre, Alger n’a pas dormi. Pas dans le sens d’une ville agitée ou débordée, mais dans celui d’une capitale qui choisit de rester éveillée parce que la fête en vaut la peine. Les Chnaoua ont organisé dans les rues et sur les hauteurs de la ville l’une de ces démonstrations de ferveur collective dont le football algérien a le secret : des milliers de torches rouges allumées simultanément, une fumée dense qui a pris la couleur du club et qui a flotté longtemps au-dessus des toits. Vue du ciel, la ville ressemblait à une braise.
Ces scènes ont voyagé. Reprises sur les réseaux sociaux bien au-delà des frontières, elles ont suscité une curiosité sincère dans des milieux qui ne suivent pas d’ordinaire le football algérien. Il faut dire que le spectacle avait une qualité rare : il était massif sans être chaotique, intense sans être menaçant. Des milliers de personnes dans la rue, une euphorie collective palpable, et pourtant ni blessé, ni vitre brisée, ni voiture retournée. Ce genre de soirée est devenu suffisamment rare dans le sport mondial pour mériter qu’on s’y arrête.
Car la comparaison s’impose d’elle-même avec d’autres capitales où le football génère régulièrement, avec chaque titre, son cortège de dégâts et d’affrontements. À Alger ce soir-là, la joie n’avait pas besoin de se frayer un chemin à travers la violence pour s’exprimer. Elle occupait l’espace naturellement, portée par des chants, par des klaxons et par cette lumière rouge qui ne ressemblait à rien d’autre. Une ville en fête, simplement. Sans agenda autre que celui du bonheur partagé.
Il y a dans ces images quelque chose qui dépasse le football. La preuve, si elle était encore nécessaire, qu’une foule peut être immense et disciplinée, passionnée et pacifique, populaire et digne. Le sacre du MC Alger restera dans les mémoires pour le bouclier soulevé par Abdellaoui sous les projecteurs de Douéra. Mais aussi pour cette nuit où le rouge a envahi le ciel d’Alger pour la seule célébration.
M.D.

