Incendies volontaires : Quatre personnes placées en détention provisoire dans trois affaires
Le juge d’instruction près le pôle pénal national spécialisé dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée transnationale, au tribunal de Sidi M’hamed (Alger), a ordonné, mercredi, le placement en détention provisoire de quatre personnes poursuivies pour avoir volontairement mis le feu à des espaces forestiers, dans le cadre de trois affaires distinctes, a annoncé un communiqué du parquet près la même juridiction.
Le communiqué du parquet s’inscrit dans le contexte des incendies de forêt qui touchent depuis la fin de la semaine dernière plusieurs wilayas du pays, où la Protection civile, l’Armée nationale populaire, la Gendarmerie nationale et la Direction générale des forêts poursuivent une mobilisation exceptionnelle pour circonscrire les foyers encore actifs, notamment à Skikda, Annaba, El Tarf, Béjaïa et Jijel. C’est dans ce cadre que le parquet précise avoir traité, « en application des dispositions de l’article 19 du code de procédure pénale », trois affaires liées à des groupes criminels ayant provoqué des départs de feu dans des biens forestiers.
La première affaire concerne un groupe criminel ayant, selon le communiqué, « intentionnellement mis le feu aux broussailles jouxtant le quartier Essanaoubar, à Constantine ». Les mis en cause sont Benfoughal Saber Ayoub et Fouania Abderrahmane, une vidéo ayant permis, précise le texte, de récupérer un enregistrement « documentant ces deux personnes en train de mettre le feu sur les lieux du sinistre ».
La deuxième affaire vise Lemouici Farouk, poursuivi pour avoir, selon le parquet, « mis le feu aux broussailles et aux arbres le long de la route de la Soummam, à Constantine », un enregistrement vidéo ayant également permis de documenter les faits.
La troisième affaire concerne l’interpellation de Benkhelifa Seif Eddine, arrêté « en flagrant délit alors qu’il mettait le feu à deux tas de câbles en cuivre le long du mur en béton de l’autoroute reliant les wilayas de Constantine et d’Annaba ». Cet acte a entraîné, selon le communiqué, « la destruction de deux hectares d’arbres, tous situés dans le périmètre forestier ».
Des faits passibles de la peine de mort
À la suite de l’enquête préliminaire menée par la brigade criminelle de la sûreté de wilaya de Constantine et le service de recherche et d’investigation de la gendarmerie nationale de Constantine, quatre membres du réseau criminel ont été interpellés, l’enquête ayant établi qu’ils avaient mis le feu à des biens forestiers.
Le parquet précise qu’ « après présentation des suspects devant nous, des poursuites ont été engagées à leur encontre dans le cadre de l’instruction judiciaire pour crime d’actes de sabotage visant à mettre en danger la vie, la sécurité et les biens des personnes, faits passibles de la peine de mort, ainsi que pour crime de mise volontaire de feu aux biens forestiers de l’État, actes prévus et réprimés par les articles 87 bis, 87 bis 1 du code pénal et 138 de la loi relative aux forêts et au patrimoine forestier ».
Le communiqué conclut qu’« après audition des mis en cause par le juge d’instruction, des ordres de placement en détention provisoire ont été rendus à leur encontre ». Ces poursuites judiciaires interviennent alors que les autorités ont annoncé la poursuite des enquêtes à l’échelle nationale afin de déterminer, wilaya par wilaya, les causes exactes de chaque incendie et d’établir les éventuelles responsabilités criminelles derrière cette vague de feux de forêt qui a déjà fait plusieurs victimes et endommagé de nombreuses habitations.
Malik Meziane

