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Annaba : Un vaste plan pour sécuriser l’AEP

Face à la pression croissante sur les ressources en eau et aux effets combinés de la variabilité climatique et de la vétusté des réseaux, la wilaya d’Annaba engage une mutation profonde de son système d’alimentation en eau potable. Un programme structurant, adossé aux projets nationaux de dessalement de l’eau de mer, vise à garantir une distribution plus stable, plus équitable et durable pour plusieurs communes, a-t-on appris auprès des autorités locales.

La question de la sécurité hydrique s’impose désormais comme un enjeu stratégique majeur dans la wilaya d’Annaba, où les autorités locales accélèrent la mise en œuvre d’un programme d’envergure destiné à réduire durablement la vulnérabilité du territoire face aux perturbations de l’alimentation en eau potable. Dans ce contexte, la réception prévue le 15 juillet prochain du second tronçon du canal d’adduction reliant la station de dessalement de Koudiet Eddraouche, dans la wilaya d’El Tarf, constitue une avancée déterminante. Cette infrastructure s’inscrit dans la nouvelle architecture nationale de mobilisation des ressources hydriques, fondée sur la diversification des sources, avec un recours accru au dessalement de l’eau de mer afin de réduire la dépendance aux barrages et aux ressources conventionnelles.

L’impact attendu de cette mise en service est structurant : elle permettra une augmentation significative des capacités de transfert vers le réseau local, contribuant à une meilleure régulation de la distribution et à un allongement des cycles d’approvisionnement, appelés à passer de périodes fragmentées à une couverture pouvant atteindre jusqu’à 48 heures dans plusieurs zones. Cette évolution profitera directement à sept communes fortement exposées aux perturbations de l’alimentation en eau potable, à savoir Berrahal, Chetaïbi, Oued El Aneb, Aïn Berda, El Eulma, Chorfa ainsi que le pôle urbain de Berka Zerga à Draâ Errich. Au-delà de l’amélioration quantitative, le programme ambitionne également une amélioration qualitative de la ressource, notamment dans les zones où des déséquilibres minéraux avaient été signalés.

Pour accompagner cette transformation, un important dispositif de sécurisation et de stockage est en cours de déploiement. Il comprend la réalisation de nouveaux réservoirs de grande capacité, dont des ouvrages de 10 000 m³ et de 50 000 m³ implantés respectivement à Sidi Amar et Berrahal, ainsi que d’autres infrastructures complémentaires à Hadjar Eddis et Draâ Errich. Ces équipements visent à stabiliser le réseau et à amortir les variations de consommation.

Ce programme s’intègre dans un plan global estimé à 200 milliards de centimes, qui ne se limite pas à l’augmentation des capacités de production, mais englobe également la modernisation des infrastructures existantes. Sont notamment concernés la réhabilitation de stations de pompage, la réalisation de nouveaux réservoirs totalisant 158 000 m³, la construction de stations de refoulement, ainsi que le renouvellement progressif de plus de 200 kilomètres de réseaux vétustes. Dans une logique d’équilibre territorial, des ressources complémentaires seront également mobilisées à travers des forages localisés et la mise en place de réseaux indépendants pour les nouveaux pôles urbains, afin de réduire les déséquilibres entre zones urbaines et périphériques.

Au-delà des chiffres et des infrastructures, ce programme traduit une réorientation stratégique de la politique locale de l’eau, désormais centrée sur la résilience, la continuité du service public et la sécurisation à long terme de la ressource. Les autorités locales insistent par ailleurs sur la nécessité de maintenir une rigueur d’exécution sur les chantiers, dans un contexte marqué par la complexité technique des réseaux existants et la nécessité d’interventions permanentes pour limiter les pertes dues aux fuites.

Sofia Chahine

admin

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