Les explications de Khelfane
À moins d’un mois du scrutin législatif du 2 juillet, le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Karim Khelfane, a tenu à dissiper les doutes sur l’état de préparation de son institution. Dans un entretien accordé à l’APS, il a affirmé que l’ANIE « continuera à accomplir ses missions conformément aux exigences de la loi et de manière à garantir la transparence, l’intégrité et la crédibilité à travers ses différentes étapes ». La campagne électorale s’ouvre mardi prochain.
Le message est calibré pour répondre aux tensions qui ont accompagné l’examen des dossiers de candidature. Plusieurs formations politiques ont réagi au rejet de listes au titre de l’article 200 de la loi organique relative au régime électoral, disposition qui vise à lutter contre l’argent sale dans le financement des candidatures. Khelfane a assumé ces décisions sans concession : « Cette disposition s’inscrit dans la démarche de l’État visant à lutter contre l’argent sale et à moraliser la vie politique. » Il a toutefois rappelé que les rejets restent susceptibles de recours devant les juridictions compétentes, et que la justice « a effectivement réexaminé un certain nombre de dossiers », ce qui témoigne, selon lui, « de l’indépendance des institutions et du respect de l’État de droit ». Sur la procédure d’examen des candidatures, Khelfane a précisé que l’objectif premier de l’ANIE est de « veiller à l’application des dispositions de la loi organique relative au régime électoral, et non d’exclure les candidats ». La validation ou le rejet des dossiers repose sur leur conformité aux conditions légales de forme et de fond : nombre de formulaires de signatures individuelles, représentation des jeunes, des femmes et des universitaires, situation fiscale. Les listes déposées en avance ont eu le temps de corriger certaines insuffisances ; celles déposées dans les dernières heures avant expiration des délais n’ont pas eu cette possibilité.
Sur le plan organisationnel, Khelfane a indiqué que les préparatifs avaient débuté « avant même la convocation du corps électoral », les différentes étapes du processus formant selon lui « un parcours intégré dont les maillons sont indissociables ». L’Autorité travaille en coordination avec les secteurs ministériels et les institutions concernées pour assurer le bon déroulement du scrutin, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. « Tout ce qui est entrepris par l’ANIE et ses partenaires converge vers un seul objectif : la réussite de ce rendez-vous national », a-t-il résumé.
Les wilayas nouvellement créées ne font pas exception au dispositif. Des visites de terrain menées par les membres du Conseil de l’ANIE ont permis d’évaluer leur niveau de préparation. Khelfane a conclu que « tous les indicateurs affirment leur aptitude à organiser ces élections dans les meilleures conditions ».
Quant à la diaspora, elle « occupe une place particulière » dans ce scrutin, comme en atteste le relèvement du nombre de sièges qui lui sont réservés, passé de 8 à 12. Une décision que Khelfane interprète comme « la volonté de l’État de renforcer la participation de ses membres à l’effort d’édification et de développement ».
Salim Amokrane

